American Horror Story : ça vaut le coup ou pas ?

American Horror Story est une série horrifique – l’une des raaares du genre – diffusée sur FX, chaîne américaine, depuis le 5 octobre. Mélange de maison hantée, de meurtres et de mystères aux accents glauques, nous sommes nombreux à avoir misé dessus. Mais est-ce que la série tient vraiment ses promesses ?

J’ai préféré attendre de voir au moins les trois premiers épisodes d’American Horror Story avant de vous en parler, histoire de ne pas m’emporter ou la descendre sans avoir vu plus loin que le pilote. Depuis la diffusion du premier épisode, vous avez été une petite poignée à me demander d’en parler, ou simplement si ça en valait la peine. Du coup, moi gentille, je m’exécute aujourd’hui (et là je me visualise en train d’actionner moi-même la guillotine pour me décapiter devant une foule en délire, et j’rigole bien).

American Horror Story, de quoi ça raconte ?

(j’ai aussi décidé de mettre mon français correct à la poubelle pour fêter l’arrivée du weekend).
American Horror Story, c’est l’histoire d’un couple, Ben (Dylan McDermott), psychiatre, Vivien (Connie Britton) et leur fille Violet (Taissa Farmiga), qui emménagent dans une vieille maison à Los Angeles pour sauver leur couple. A Boston, Vivien a subit une horrible fausse couche et a surpris Ben en train de coucher avec une de ses élèves en psycho. Plutôt que de se mettre violemment sur la gueule et de saccager un tribunal au cours d’un divorce houleux, ils ont préféré déménager et tenter de ranimer la flamme. Après un bordel pareil, vous vous doutez bien que ça ne va pas être super évident.

Mais comme si on en restait là, ça ne serait qu’une simple série dramatique sur la tentative de reconstruction d’une famille brisée, il y a pire. La maison dans laquelle ils ont emménagé a été le théâtre d’un drame sanglant. Les deux propriétaires précédents, un couple gay aux pratiques sexuelles légèrement BDSM, sont tous les deux morts dans la cave – l’un a tué l’autre avant de retourner l’arme contre lui. Ils acceptent néanmoins d’acheter la maison, probablement rassurés par l’enthousiasme de leur fille devant une telle histoire. Oui, parce que Violet est une ado en crise, attirée par tout ce qui est glauque et malsain, qui fume en cachette et se bat avec les pétasses de son école. Sinon c’est moins drôle.

Ça fait déjà beaucoup, et pourtant ce n’est pas tout. Ajoutez à ça une voisine complètement tarée (interprétée par l’excellente Jessica Lange, horriblement crédible dans ce rôle) et sa fille trisomique qui passe son temps à squatter leur baraque, une domestique borgne au passé trouble (interprétée par Frances Conroy, vue dans Six Feet Under et toujours aussi bluffante), un homme au visage cramé qui suit Ben partout, et un jeune patient aux pulsions meurtrières qui tourne autour de Violet… et vous n’obtenez que le quart des personnages d’American Horror Story.

Un pot-pourri horrifique

J’ai hésité entre pot-pourri et muesli, j’étais pas sûre de ce qui était le plus évocateur, mais comprenez bien ceci : American Horror Story, c’est un sacré bordel. Ça part dans tous les sens, de nouveaux personnages apparaissent toutes les cinq minutes, les intrigues se multiplient à la vitesse de la lumière, ça va très vite et très loin. C’est aussi pour ça que je voulais attendre avant de vous en parler, j’étais pas sûre de la direction qu’ils allaient prendre pour la suite, et finalement c’est très simple : toutes. Si une porte s’ouvre, bim, on rentre. Si quelqu’un sous-entend quelque chose, on n’en restera pas là. Tout est travaillé, tout se tient, tout est lié, et évidemment, on se sent complètement perdu au milieu de tout ça.

On a l’impression de tomber dans le terrier du lapin d’Alice au Pays des Merveilles. Le meurtre/suicide des deux propriétaires précédents n’est finalement qu’un chapitre dans l’histoire de la maison. Plus on remonte dans le temps, plus on en apprend sur cette maison, qui semble maudite. On finit par ne plus savoir ce qui est réel, qui existe vraiment, ce que les personnages ont vécu ou imaginé, et on se retrouve happé par cet étrange univers.

Alors, ça vaut le coup ?

Bon, clairement, quelle que soit ma réponse, vous ne serez pas tous d’accord avec moi. Sinon ça voudrait dire que je serais le Maître Incontesté de l’Univers, et ça ça n’arrivera pas avant 2019. Mais puisque certains d’entre vous m’ont demandé mon avis, je vais me faire un plaisir de vous le donner (oui parce quand on me demande rien, je m’abstiens totalement d’ouvrir ma gueule, c’est bien connu).

De ce que j’ai vu pour l’instant – c’est à dire trois épisodes – j’ai bien envie d’y croire. J’ai bien envie de dire que oui, pour l’instant en tous cas, ça vaut le coup. C’est toujours aussi prometteur. On sent que cette volonté de partir dans tous les sens est peut-être plus maîtrisée que ce qu’on croyait au début. Ça donnait l’impression d’être face à une bande de fans du genre qui voulaient tout faire en même temps. Et en fait, tout a l’air d’être bien ficelé. On n’est pas à l’abri d’un gros revirement de situation, mais pour l’instant ça tient la route.

En bref, si vous aimez les séries et l’horreur, je ne vois pas de raison de vous tenir éloigné d’American Horror Story. Au pire, on sera déçus, au mieux, on aura été témoins du retour de l’horreur de qualité à la télévision. C’est un bon risque à prendre.

Et si vous n’êtes pas d’accord, comme d’hab, venez donc chez moi avec des fourches et des torches et on règle ça à l’ancienne. J’irai me réfugier dans un moulin et vous finirez par me tuer, et tout le monde se sentira coupable et ce sera bien cool.

Grave Encounters (2011)

Réalisé par The Vicious Brothers

Confession du jour : found footage + Mandy = amour pour toujours. Depuis Blair Witch, je suis une grosse fan du genre « une bande de gens disparait, on retrouve leurs caméras après une durée indéterminée, on monte le tout, on ajoute parfois de la musique d’ambiance parce qu’on est vraisemblablement des gros tordus fans de snuff un peu perfectionnistes sur les bords et youplaboum on est bons ». J’adore ça. C’est une formule simple qui peut donner des films excellent, tels que Blair Witch ou [REC], mais également des films pas trop mal comme Grave Encounters. Ce n’est pas un film parfait, mais c’est la preuve qu’on peut encore et toujours pondre un film décent et divertissant avec un petit budget et une idée simple.

Grave Encounters reprend le concept des émissions américaines de chasseurs de fantômes (comme Ghost Hunters). Lance Preston et son équipe décident de tourner le 6ème épisode de leur émission, Grave Encounters, dans un asile psychiatrique désaffecté du Maryland, réputé pour être l’un des lieux les plus hantés des États-Unis. Pour mettre un peu de piment dans l’aventure, ils se font enfermer dans l’asile pour la nuit, en donnant l’ordre au gardien de revenir leur ouvrir à 6 heures du matin – pas avant. Brr brr brr, frissons, angoisse et sursauts à la clé, ouééé ! En plus, on a même droit à une petite histoire sur un docteur un peu foufou qui faisait des expériences bizarres dans les années 30-40… Mais c’est pas le Dr. Vannacutt. Peut-être un cousin.

On découvre bien vite que l’équipe se fout bien de toutes ces histoires de maisons hantées et de revenants, aucun d’entre eux n’y croit et tout le monde joue bien son rôle devant la caméra. Mention spéciale au médium orange, Houston Gray, tellement convaincant dans son rôle d’antenne parabolique des morts. Lance Preston n’hésite pas à payer un jardiner hispanique pour lui faire dire qu’il a effectivement vu des choses étranges dans l’asile, très convaincant lui aussi lorsqu’il récite son texte « yé vou oune fantôme, là-bas. yé eu tré tré peur ». Ça rappelle vaguement Le Dernier Exorcisme et son prêtre qui ne croit plus en rien.

Alors évidemment, comme vous vous en doutez, ils passent tous la nuit à se promener avec leurs caméras à faire semblant d’avoir peur et de chercher des fantômes et en fait ils trouvent rien alors ils rentrent chez eux prendre un petit dej’ devant Bob l’éponge avant d’aller dormir. HAHAHA. Non, ils font les blasés en se promenant un peu partout, et commencent à voir des trucs chelous. Une porte qui claque, une fenêtre qui s’ouvre, une mèche de cheveux qui se soulève dans les airs… mais ça n’est que le début ! Tout part vite en vrille et là, on sent que les Vicious Brothers avaient quelques idées en se lançant dans cette aventure. Et ils ont TOUT DONNÉ.

Peut-être un peu trop, parce que du coup, chaque scène entre les moments de flip semblent s’éterniser et n’être là que pour faire patienter le spectateur avant le prochain sursaut. On se fait pas non plus méga chier, j’ai pas passé le film à faire vingt trucs en même temps comme ça m’arrive quand je commence à m’emmerder, mais ça aurait peut-être pu être plus court (au moins il ne dure pas 2H45 comme tous les films qui sortent depuis quelques années) (non mais sans déconner, faut arrêter avec ça hein). Les effets spéciaux sont parfois un peu cheap, notamment au niveau de l’animation des visages, mais heureusement, ce n’est pas ce qu’on voit le plus souvent. La majorité des effets spéciaux restent quand même efficaces.

Big up à la visite détaillée et commentée du caméraman :

"Oooh, checkers of the dead"

"Glory hole !"

"Kitchen of the dead... I SAID COOK MY DINNER, BITCH!"

Magique…

Je vous conseillerai quand même de regarder Grave Encounters le soir, toutes lumières éteintes. Mater ça sous la couette un samedi après-midi ensoleillé, ça minimise un peu l’effet des apparitions surprises. Pour ce qui est de la technique utilisée pour filmer, c’est un peu relou au début, on se dit que le mec est censé être un caméraman professionnel mais qu’il cadre comme un enfant de 6 ans qui jouerait avec les boutons, mais ça finit par se calmer. Ou alors on s’habitue. Mais ça donne un peu de substance au format du film, ça ne semble pas bizarre de les voir se trimballer leurs caméras partout, et comme elles prennent ensuite une autre utilité – pour l’éclairage – elles sont parfaitement intégrées dans l’intrigue. Le problème du found footage, c’est qu’on se demande parfois s’ils nous prennent pas un peu pour des cons avec leurs caméras, les effets, les réflexes étranges qui n’ont aucun sens dans ce genre de situation (non, quand tu es coursée par un type bizarre/un fantôme, ton premier réflexe n’est pas de lui offrir son premier gros plan). Là, ça passe, on se sent pas trop pris pour des blaireaux.

Je suis donc heureuse de vous annoncer que oui, je recommande Grave Encounters même si non, il ne vous traumatisera pas à vie et que vous lui trouverez sûrement quelques défauts.

The Tunnel (2011)

Réalisé par Carlo Ledesma

J’adore les films australiens. Wolf Creek, Lake Mungo, The Loved Ones, ou encore Rogue sont des films dont je garde un souvenir ému (comprendre : un souvenir efficace qui m’envoie des petits frissons de peur dans la colonne). Alors quand j’ai entendu parler de The Tunnel pour la première fois (merci Hsztheater, toujours là pour me conseiller de nouveaux films),et que j’ai compris qu’il s’agissait d’un film australien, je me suis jetée dessus. Eh bah putain, j’ai bien fait, mais je dormirai certainement plus jamais de ma vie.

Lire la suite

Session 9 (2001)

Réalisé par Brad Anderson

Je vous ai déjà parlé très brièvement de Session 9 dans ma sélection de films à tendance paranormale, mais mon obsession pour ce film me pousse à en faire une revue tardive. Il s’agit d’un de mes films préférés, et comme on m’a souvent demandé de faire une liste des indispensables des films d’horreur, voici de quoi la compléter. Ce sera l’occasion de retrouver David Caruso dans un rôle pas super éloigné mais un peu quand même de celui qu’il tient dans Les Experts: Miami avec son super TOC sponsorisé par Ray-Ban.

Lire la suite

La Maison de l’Horreur (Comité de Défense des Films Pourris)

Réalisé par William Malone

Il y a quelque chose de spécial dans les films d’horreur datant de la fin des années 90. A chaque fois que je revisite un film de cette époque, qu’il soit bon ou mauvais, j’ai la même sensation que quand je mange des coquillettes au jambon le dimanche (j’ai une vie de rockstar, je sais pas si je vous l’ai déjà dit). J’essaye bêtement de retranscrire ce que je ressens mais j’y arrive pas alors soyez indulgents. C’est sûrement parce que j’ai vécu pas mal de choses à cette époque, fin de l’enfance, entrée dans l’adolescence tout ça quoi. Du coup chaque film apporte avec lui son lot de souvenirs et de sensations oubliées. Là où The Faculty me ramène à mon amour inexpliqué pour les mules compensées, La Maison de l’Horreur me rappelle le goût de la despé et de la salive d’un de mes premiers « vrais » copains (coucou Clément, ça va depuis l’temps ?). Tout un programme.

Lire la suite