Grave Encounters 2 : La peur du vide

Grave Encounters 2, réalisé par John Poliquin sur un scénario des Vicious Brothers, est l’une des pires suites de l’histoire du cinéma d’horreur. Mais bon, j’suis cool, je vous en parle quand même.

Je vais être honnête avec vous. Si je le pouvais, je me contenterais d’un simple haïku pour cette revue. Et ça donnerait quelque chose dans ce goût là :

Grave Encounters 2
Dis-moi pourquoi tant de haine
Envers ton public ?

Voilà. Je pense que ça suffirait à résumer la situation. Mais comme on est pas sur revues-de-films-d’horreur-en-5-7-5.com, va falloir argumenter un peu – et notez bien, chers lecteurs, que j’enfante de cette revue dans la douleur. Alors n’hésitez pas à m’envoyer des fleurs, des gâteaux, de la tartiflette et 1.5 tonnes de boeuf séché pour me récompenser. Allez, c’est parti.

Lire la suite

Grave Encounters 2 : la bande-annonce

Découvrez aujourd’hui la première bande-annonce de Grave Encounters 2, un petit film de found footage dans lequel des gens sont enfermés dans un asile hanté. Woo !

Bon, résumé rapide : le found footage, c’est ma religion, et Grave Encounters était pas totalement à jeter. Résultat, quand la suite a été annoncée, j’ai fait des petits sauts de cabri tout autour de mon lit en poussant des petits cris aigus. Et que vois-je en ce beau matin tout gris et humide ? La bande-annonce de Grave Encounters 2. Bilan : la vie est super chouette, vive la vie, vive le monde, merci petit Jésus petit Allah, gloire à toi Sat… eh, nan.

Pour cette suite, ils utilisent une petite astuce pour vous faire mouiller vos slips, la très célèbre technique du « Vous pensiez que le premier n’était qu’un film ? Stupides mortels, vous vous fourrez bien le doigt dans l’oeil jusqu’au coude, en fait, c’était pour du vraaaaai… et on va vous le prouver ! Avec un deuxième film ! Dans lequel des gens enquêtent sur le premier et découvrent qu’en fait, c’était pour du vraaaaai… ». Alors forcément, ça fait super peur.

Réalisée par John Poliquin, avec les Vicious Brothers à l’écriture (scénaristes et réalisateurs du premier volet), Grave Encounters 2 devrait sortir le… en… hmmm. Je sais pas, en fait. Je suis désolée. La seule sortie annoncée pour l’instant est pour le Canada, en octobre 2012 (même pas de date précise, rien, bravo, ils savent bien vendre leur film, BEAU TRAVAIL LES MECS, MERCI, SALUT).  Mais si par le plus incroyable des hasards il devait sortir par chez nous, comptez bien évidemment sur moi pour vous en reparler.

Quoi qu’il arrive, je ne laisserai pas Grave Encounters 2 me passer sous le nez.

 Edit : annoncé pour le 12 octobre aux États-Unis ! En France ? JAMAIS. VOILÀ. J’en ai marre. Je démissionne, j’vais me mettre aux comédies romantiques et aux drames allemands, ça va pas faire un pli.

Grave Encounters (2011)

Réalisé par The Vicious Brothers

Confession du jour : found footage + Mandy = amour pour toujours. Depuis Blair Witch, je suis une grosse fan du genre « une bande de gens disparait, on retrouve leurs caméras après une durée indéterminée, on monte le tout, on ajoute parfois de la musique d’ambiance parce qu’on est vraisemblablement des gros tordus fans de snuff un peu perfectionnistes sur les bords et youplaboum on est bons ». J’adore ça. C’est une formule simple qui peut donner des films excellent, tels que Blair Witch ou [REC], mais également des films pas trop mal comme Grave Encounters. Ce n’est pas un film parfait, mais c’est la preuve qu’on peut encore et toujours pondre un film décent et divertissant avec un petit budget et une idée simple.

Grave Encounters reprend le concept des émissions américaines de chasseurs de fantômes (comme Ghost Hunters). Lance Preston et son équipe décident de tourner le 6ème épisode de leur émission, Grave Encounters, dans un asile psychiatrique désaffecté du Maryland, réputé pour être l’un des lieux les plus hantés des États-Unis. Pour mettre un peu de piment dans l’aventure, ils se font enfermer dans l’asile pour la nuit, en donnant l’ordre au gardien de revenir leur ouvrir à 6 heures du matin – pas avant. Brr brr brr, frissons, angoisse et sursauts à la clé, ouééé ! En plus, on a même droit à une petite histoire sur un docteur un peu foufou qui faisait des expériences bizarres dans les années 30-40… Mais c’est pas le Dr. Vannacutt. Peut-être un cousin.

On découvre bien vite que l’équipe se fout bien de toutes ces histoires de maisons hantées et de revenants, aucun d’entre eux n’y croit et tout le monde joue bien son rôle devant la caméra. Mention spéciale au médium orange, Houston Gray, tellement convaincant dans son rôle d’antenne parabolique des morts. Lance Preston n’hésite pas à payer un jardiner hispanique pour lui faire dire qu’il a effectivement vu des choses étranges dans l’asile, très convaincant lui aussi lorsqu’il récite son texte « yé vou oune fantôme, là-bas. yé eu tré tré peur ». Ça rappelle vaguement Le Dernier Exorcisme et son prêtre qui ne croit plus en rien.

Alors évidemment, comme vous vous en doutez, ils passent tous la nuit à se promener avec leurs caméras à faire semblant d’avoir peur et de chercher des fantômes et en fait ils trouvent rien alors ils rentrent chez eux prendre un petit dej’ devant Bob l’éponge avant d’aller dormir. HAHAHA. Non, ils font les blasés en se promenant un peu partout, et commencent à voir des trucs chelous. Une porte qui claque, une fenêtre qui s’ouvre, une mèche de cheveux qui se soulève dans les airs… mais ça n’est que le début ! Tout part vite en vrille et là, on sent que les Vicious Brothers avaient quelques idées en se lançant dans cette aventure. Et ils ont TOUT DONNÉ.

Peut-être un peu trop, parce que du coup, chaque scène entre les moments de flip semblent s’éterniser et n’être là que pour faire patienter le spectateur avant le prochain sursaut. On se fait pas non plus méga chier, j’ai pas passé le film à faire vingt trucs en même temps comme ça m’arrive quand je commence à m’emmerder, mais ça aurait peut-être pu être plus court (au moins il ne dure pas 2H45 comme tous les films qui sortent depuis quelques années) (non mais sans déconner, faut arrêter avec ça hein). Les effets spéciaux sont parfois un peu cheap, notamment au niveau de l’animation des visages, mais heureusement, ce n’est pas ce qu’on voit le plus souvent. La majorité des effets spéciaux restent quand même efficaces.

Big up à la visite détaillée et commentée du caméraman :

"Oooh, checkers of the dead"

"Glory hole !"

"Kitchen of the dead... I SAID COOK MY DINNER, BITCH!"

Magique…

Je vous conseillerai quand même de regarder Grave Encounters le soir, toutes lumières éteintes. Mater ça sous la couette un samedi après-midi ensoleillé, ça minimise un peu l’effet des apparitions surprises. Pour ce qui est de la technique utilisée pour filmer, c’est un peu relou au début, on se dit que le mec est censé être un caméraman professionnel mais qu’il cadre comme un enfant de 6 ans qui jouerait avec les boutons, mais ça finit par se calmer. Ou alors on s’habitue. Mais ça donne un peu de substance au format du film, ça ne semble pas bizarre de les voir se trimballer leurs caméras partout, et comme elles prennent ensuite une autre utilité – pour l’éclairage – elles sont parfaitement intégrées dans l’intrigue. Le problème du found footage, c’est qu’on se demande parfois s’ils nous prennent pas un peu pour des cons avec leurs caméras, les effets, les réflexes étranges qui n’ont aucun sens dans ce genre de situation (non, quand tu es coursée par un type bizarre/un fantôme, ton premier réflexe n’est pas de lui offrir son premier gros plan). Là, ça passe, on se sent pas trop pris pour des blaireaux.

Je suis donc heureuse de vous annoncer que oui, je recommande Grave Encounters même si non, il ne vous traumatisera pas à vie et que vous lui trouverez sûrement quelques défauts.