Time Lapse (2015) : Quand un épisode de Chair de Poule dégénère

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Y a des films comme ça sur lesquels on tombe un peu par hasard et auxquels on décide de donner une chance un dimanche pluvieux pour passer le temps. Pour moi, Time Lapse était l’un de ces films. Je l’ai lancé sans trop y croire, pensant m’endormir devant au bout d’un quart d’heure, et j’ai fini par le regarder en entier (et rater mon créneau sieste, par la même occasion).

Time Lapse, c’est l’histoire de trois colocataires qui découvrent un étrange appareil photo chez leur voisin décédé : une machine qui, chaque jour à la même heure, lâche un petit polaroïd qui prédit le futur. Tout simplement.

Je sais pas trop si j’ai aimé, mais je sais que j’ai pas détesté, c’était étrange. Déjà parce que c’est quasiment impossible de s’identifier à l’un des personnages ou même juste de ses émotions (parce qu’ils en ont PAS, ce sont clairement des sociopathes), et ensuite parce que l’ambiance pièce de théâtre était vraiment très déconcertante. Pour le coup, je ne trouve pas que ce soit nécessairement une mauvaise chose, y a au moins une petite astuce de mise en scène et ça fait toujours plaisir à voir – ça permet d’aérer un peu la vue en huis clos parce que leur appartement est vraiment tétra-cheum, donc si on part du principe que c’est un décor de théâtre tout de suite ça va mieux.

Mais ça n’empêche pas tout à fait d’éviter la sensation presque étouffante que ce film provoque, pour peu qu’on se laisse attraper par l’intrigue. Il y a quelque chose d’extrêmement pessimiste, négatif et sombre dans cette intrigue et ces personnages, qui fait qu’on ne peut entrevoir de fin heureuse, peu importe à quel point on a décidé d’y croire. Tout est pourri et cassé dès le début, tout est bancal, rien ne tient et cette histoire de machine à voir dans le futur ne fait que précipiter une issue qui était déjà mise en place depuis le début, avant même que ça parte complètement en sucette.

Il n’y a rien à rattraper dans la relation qu’entretiennent les trois personnages parce qu’elle est pétée depuis le début. Un couple qui vit avec un mec célibataire axé sur la destruction et les pulsions animales, je vois pas bien comment ça peut tenir la route – ni même comment ils ont pu croire à un seul moment que ça puisse marcher. Si on rajoute à ça les frustrations de chacun, l’artiste raté qui débouche des chiottes pour payer ses factures, la meuf qui prend sur elle pour pas froisser son mec et continuer de l’encourager même si elle se retrouve à entretenir deux gosses attardés toute seule alors qu’elle a rien demandé à la base, y a de quoi tout faire péter sans l’intervention d’un phénomène surnaturel.

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Mais du coup, ça rend la chute intéressante. Comme elle était inévitable, c’est chouette de la voir débouler petit à petit à l’aide d’un truc complètement invraisemblable, qui nous permet de voir à quel point ces personnages sont réellement pétés du casque. Il n’y a qu’à voir avec quelle facilité ils se mettent dans cette situation, à quelle vitesse ils se disent que oui, finalement, c’est une bonne idée de cacher le cadavre du voisin et de faire comme s’il était toujours vivant pour pouvoir profiter des pouvoirs de son immense machine qu’on pourra de toute façon jamais déplacer. À les voir, on croirait qu’il n’y avait de toute façon pas d’autre alternative et qu’ils étaient obligés de prendre ce chemin là.

Et finalement, c’en est presque crédible. Le fait que le premier réflexe de l’un des colocs soit de se faire de la thune sur les résultats du tiercé tient parfaitement la route – on s’est tous dit des milliards de fois qu’on irait voir les résultats du loto si on pouvait voyager dans le temps, comme si c’était la première chose sensée à faire (avec « tuer Hitler », évidemment). Là où ça devient plus glauque, c’est quand on voit comment ils arrivent à se convaincre qu’ils font la bonne chose à faire, que leurs décisions sont parfaitement rationnelles, et que leur descente aux enfers n’est absolument pas liée à leurs actions, qu’ils sont innocents dans cette histoire. Jusqu’au bout, ils restent persuadés qu’ils ont fait ce qu’il fallait faire – et même quand tout part en grosse couillasse dans le dernier acte, on ne sent pratiquement pas de regrets de leur part.

Time Lapse est une sorte de fable extrêmement pessimiste et sombre, qui ressemble un peu à un épisode de Chair de Poule qui se serait frotté trop près à un scénariste de Black Mirror et, s’il est loin d’être parfait, reste parfaitement regardable et même appréciable. En revanche, on en ressort clairement déprimé.

Si ça vous tente, sachez que Time Lapse est sorti en DVD et Blu-ray le 20 juillet dernier en France.

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2 réflexions sur “Time Lapse (2015) : Quand un épisode de Chair de Poule dégénère

  1. Salut, j’ai regardé le film aussi et comme je suis une adepte des œuvres cinématographiques de science-fiction, j’ai adoré. J’aime bien ton article et je trouve aussi que l’intrigue, bien qu’elle soit pessimiste, apporte beaucoup à ce long-métrage. C’est ce qui tient le spectateur éveillé.

  2. Pour ma part, j’ai bien aimé « Time Lapse. Je trouve que le réalisateur a su créer une histoire originale en se basant sur le thème du voyage dans le temps. Le long-métrage dispose d’un très bon scénario et d’un excellent casting.

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