Last Shift (2015) – Ça ressemble à un film nul, mais ça tabasse.

Last Shift est un film d’Anthony DiBlasi qui ne paye pas de mine mais qui délivre sa dose de tension et de frissons. À voir, vite. 

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Quand j’ai vu passer les premières images de Last Shift, j’ai immédiatement pensé « Ceci est un DTV tout pourri blindé de CGI merdique qui va me faire perdre 1h30 de ma vie donc merci mais non merci ». Du coup, je ne me suis pas vraiment jetée dessus.

Et puis je suis tombée sur une critique positive, puis deux, puis trois, de sources que je considère fiables, de la part de gens dont j’écoute généralement l’avis et avec qui j’ai tendance à pas trop mal m’aligner. Du coup, j’ai profité de mon dimanche pour lui donner sa chance, et j’ai eu tellement raison que je vous encourage directement à en faire de même.

Quand on regarde des films d’horreur depuis aussi longtemps, il arrive immanquablement un moment où on peine vraiment à trouver des films qui nous mettent mal à l’aise. Ce qui n’enlève en rien le plaisir de regarder des films d’horreur, soyons clairs, mais on reste quand même un poil nostalgiques de cette époque bénie où on ne connaissais pas encore toutes les ficelles et où on pouvait flipper à cause d’un chat qui miaule. Et aujourd’hui, pour me faire flipper, il faut généralement que je sois dans une salle de cinéma, et de préférence devant un film de James Wan (c’est comme ça, j’y peux, rien, ça fonctionne, le mec peut continuer à faire les mêmes films de maisons hantées jusqu’à sa mort je crois que ça continuera à marcher sur moi).55fb8baca5357

Du coup, quand on additionne ça à l’image que j’avais de Last Shift avant de le lancer, je vous laisse imaginer la sale gueule de blasée que je tirais par avance, persuadée de passer un moment assez moyen, voire carrément nullos. Imaginez donc ma surprise quand je me suis retrouvée, moi, grande vétérane du frisson, à flipper sous mon plaid en pleine journée, devant ma petite télé pourrie.

Last Shift, c’est l’histoire de Jessica Loren, une jeune flic qui a l’immense privilège de commencer sa carrière en tant que garde de nuit dans l’ancien commissariat vide avant qu’il soit définitivement fermé. Quelque part entre 22h et 4h du matin, une équipe doit venir récupérer des saloperies chimiques restées dans la salle où étaient entreposées les pièces à conviction. Un job super excitant pour un premier jour de carrière, donc. Sauf qu’évidemment, tout part très vite en sucette et Jessica s’aperçoit qu’elle n’est peut-être pas si seule que ça dans ce grand bâtiment. Il faut dire qu’un an plus tôt, trois membres d’une secte façon Charles Manson s’y sont donné la mort après avoir semé pas mal de cadavres sur leur passage – y compris le père de Jessica.

Je vous mets la bande-annonce par principe mais si vous avez la possibilité de vous arrêter de lire ici et d’aller directement voir le film, c’est encore mieux.

Alors qu’il joue sur des codes vus, revus, et re-revus, Last Shift parvient tout de même à faire du neuf avec du vieux, en utilisant des mécanismes qu’on connait par coeur (genre les portes des casiers du vestiaire qui rappellent les chaises dans Poltergeist par exemple) mais qui fonctionnent toujours quand ils sont bien orchestrés. Résultat, on a souvent l’impression qu’Anthony DiBlasi (qui était déjà à l’origine du très bon Dread) a juste lâché son actrice, Juliana Harkavy, dans une espèce d’attraction tordue sans trop la prévenir de ce qui allait lui arriver et qu’il s’est contenté de filmer le tout.

Et DiBlasi sait parfaitement comment jouer avec les nerfs de ses spectateurs en utilisant des petites choses toutes simples et toutes subtiles, en arrière plan, en images subliminales, sans oublier quelques jump scares justement dosés. Résultat, j’ai passé 1h30 sous tension, comme ça ne m’était pas arrivé depuis très, très longtemps, et j’en suis même arrivée à remercier le ciel de ne pas dormir seule ce soir là (alors qu’en vrai je pense qu’une fois la tension redescendue j’aurais complètement oublié tout ça mais quand même, c’était mieux comme ça).

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Gros bonus, qui prouve que vraiment, ça se bouge le fion dans l’industrie en ce moment : les FX sont là aussi majoritairement faits à la main, et ça fait PLAISIR. Rien ne me fera autant kiffer qu’un bon gros tas de latex et de sirop de maïs, j’arrive vachement plus à me projeter dans l’horreur corporelle lorsqu’elle est palpable, que je peux l’imaginer suinter, couler, faire des vieux bruits de spaghettis qu’on touille et tout, c’est ma grande passion. Du coup, ça fonctionne encore mieux.

Après, pour ce qui est de l’intrigue et du final, on peut trouver deux-trois trucs à redire parce que bon, c’est pas le truc le mieux ficelé du monde, mais le reste du film tient tellement bien tout seul qu’on a pas trop besoin de chipoter, a priori. J’étais tendue, j’étais pas bien, j’ai vu venir certains trucs mais j’ai été surprise par plein d’autres, j’ai poussé des « ooohhh » et des « haaann » et c’était trop bien et depuis je harcèle tous mes copains fans de genre pour qu’ils donnent une chance à Last Shift alors ça veut dire vous aussi, donc go, dénichez-vous ça rapidos, qu’on en discute ensemble.

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8 réflexions sur “Last Shift (2015) – Ça ressemble à un film nul, mais ça tabasse.

  1. Vu et bien apprécié, merci du conseil Jack!!
    Dommage qu’il n’y ai pas plus d’explications sur les raisons du pouvoir surnaturel de ces gens pas très très gentils, mais sinon de bons petits sauts pour peu qu’on soit bien dans l’ambiance.
    Bonne surprise au vu des autres films actuels du genre (paranormal activity et autre grave encounters…) qui ont du oublier en chemin qu’ils étaient censé faire flipper..

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