Malveillance (2011)

Malveillance est un film de Jaume Balaguerò (réalisateur de [REC] 1 & 2) dans lequel un concierge psychopathe passe son temps à pourrir la vie des locataires de l’immeuble dans lequel il travaille. Grosse tension, gros malaise, grosse réussite.

J’ai vu Malveillance après avoir vu Alvin et les Chipmunks 3 (mais c’était un accident, une longue histoire de timing et de camping dans les escaliers d’une salle blindée d’enfants aux rires étranges) (PS : Alvin et les Chipmunks 3 est un des pires films que j’ai vu de toute ma vie entière et même certainement de mes vies antérieures) et je suis bien heureuse d’avoir suivi mon instinct sur ce coup là. Je n’avais vu de Malveillance qu’un petit bout de bande-annonce captée en plein milieu et regardée d’un oeil. Le simple fait de savoir qu’il s’agissait d’un film de Jaume Balaguerò m’a convaincue de foncer au ciné et de lui faire confiance. Et j’ai bien fait. Après 90 douloureuses minutes passées à écouter des chipmunks reprendre Rihanna et Lady Gaga, nous avons foncé, mon meilleur ami et moi, dans une autre salle pour nous délecter de ce nouveau Balaguerò. Et on a bien kiffé nos petites races.

César, concierge dans un immeuble espagnol, a un petit souci : sa vie pue la fange. C’est pas spécialement qu’il soit malheureux en ce moment, c’est qu’il l’est de naissance. Le bonheur, il ne sait pas ce que c’est. Le seul truc qui l’aide à se sentir un peu bien dans ses pompes, c’est de foutre la merde dans la vie des gens. Les voir malheureux, ça lui met un peu de baume au coeur – mais c’est temporaire, alors il faut sans cesse recommencer. Mais une certaine résidente de l’immeuble, répondant au doux nom de Clara, commence sérieusement à lui casser les bonbons. Car voyez-vous, Clara est heureuse. Clara est souriante – peu importe les emmerdes, les petits tracas et les contrariétés du quotidien, Clara sourit à la vie, youpi youpi. Et César, ça le gonfle un peu, parce que c’est pas avec ça qu’il va pouvoir prendre son pied lui.

Sa mission est donc simple : pourrir la vie de Clara par tous les moyens. Tester ses limites, aller au-delà, lui faire cracher quelques larmes et effacer ce chaleureux sourire de son délicat visage. Et je vais pas vous dire comment il s’y prend parce que ça reviendrait à gâcher tout votre plaisir, et moi j’suis pas César, j’aime quand les gens sont heureux, alors j’vais gentiment la boucler. Ce que je peux vous dire en revanche, c’est que dès les premières minutes du film, vous êtes bien à fond dans l’ambiance. Malveillance est un film esthétique, on sent que Balaguerò s’est appliqué comme un piti enfant qui s’entraîne à écrire en lettres attachées (mais en mieux, parce que j’vous jure, mes cahiers de CP, c’est des putains de scènes de crimes). Tout est beau, bien mené, bien réglé, y a pas une rature, même quand tout part en vrille, ça reste bien ordonné.

Et ce qui est encore plus tordu, c’est qu’au départ, on a un peu de mal à en vouloir à César d’être un gros malade mental. On a de la peine pour lui, on compatit, parce que c’est vrai qu’après tout, la vie de concierge c’est pas d’la tarte. Et puis le pauvre, il veut juste être heureux, recevoir un peu d’amour et de reconnaissance, soyez sympas, merde. Mais comme rien n’est jamais aussi simple, César nous rend la tâche de plus en plus difficile en ce qui concerne la compassion. Plus on apprend à le connaitre, plus on a de mal à lui trouver des excuses – c’est quand même un sacré tordu. Dans Dexter, par exemple, on nous vend ça façon « hihihi vous allez vous attacher à un gros psychopathe et on va vous retourner le cerveau comme des petits saligauds hihihihi ». On nous tartine la gueule de « haaaan tu kiffes un crimineeeeel ! », on nous lave la cervelle à la javel et on remplace tout par « LA PEINE DE MORT C’EST SUPER QUAND C’EST MICHAEL C. HALL QUI S’EN OCCUPE EN PARLANT À SON DARON DÉCÉDÉ AVEC SA VOIX QUI VIENT DES TÉNÈBRES » et nous on avale ça pépère la gueule grande ouverte, on s’accroche au fauteuil et on kiffe.

Dans Malveillance, non seulement c’est plus subtil, mais c’est aussi plus réaliste. Déjà, on a conscience immédiatement du genre de personnage à qui on a affaire, et on sent bien qu’il vaut mieux pas pour nos gueules qu’on s’y attache trop. De toute façon, passé un certain stade, c’est impossible. Dexter pourrait découper toute une classe de maternelle, on lui trouverait toujours une excuse (« non mais ils étaient méchants avec son fils aussi, c’est normal hein, il a fait son devoir de père ») – César lui, la seule excuse qu’on finit par lui trouver c’est qu’il est MA-LADE. Et grâce à lui, on va tous checker sous nos lits tous les soirs maintenant, même si on a pas de concierge chelou dans notre immeuble.

J’ai toujours vachement d’affection pour les histoires racontées du point de vue des criminels, pour les films qui ont le « méchant » comme personnage principal. C’est plus facile de créer un vilain masqué distant qui n’apparait que pour déglinguer les personnages principaux. C’est autre chose de nous emmener de l’autre côté du miroir histoire de voir comment ça se passe dans la tête du tordu responsable du malheur des autres protagonistes. Et quand c’est bien fait, ça vous claque bien à la gueule et ça vous reste en tête quelques jours. Comme pour Malveillance.

Donc voilà, à la base j’avais pas du tout prévu de parler de Dexter, mais comme je refuse de vous donner trop de détails sur le film, je me suis un peu emportée. Tout ce que j’ai à vous dire pour conclure, c’est : LEVEZ VOTRE DERCHE DE CETTE CHAISE ET ALLEZ VOIR MALVEILLANCE. Et faites moi un rapport détaillé après. Vous verrez, c’est trop sipaire coule. (et si vous trouvez ça nul, dites moi aussi pourquoi, ça m’intéresse) (pour de vrai hein) (comme ça après j’saurai à qui j’dois PÉTER LA GUEULE) (eh nan j’rigole hein, c’est pas la Corée du Nord ici) (big up Kim Jong-un).

Et on se quitte sur un fun fact : Luis Tosar et Marta Etura, les deux acteurs qui incarnent les rôles de César et Clara, sont des amoureux dans la vraie vie. Depuis quelques années déjà. Et quand on sait ça, ÇA FAIT TOUT DRÔLE APRÈS.

Bon, comme d’hab, je mets la bande-annonce, mais ATTENTION ELLE BALANCE DU SPOILER LA CONNASSE. Prenez garde, donc. Et si vous comptez vraiment aller le voir, sautez la bande-annonce (non, pas comme ça, bande de sales) et filez au ciné maintenant, vous kifferez encore plus.

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5 réflexions sur “Malveillance (2011)

  1. C’est le dernier film que j’ai vu en 2011. On y a été avec mon mi hispanique de copain parce qu’il m’a dit « aaah mais faut y aller c’est fait par un des mecs de rec du coup on va trop flipper nos races! » Sauf qu’en fait non.
    Par contre je n’ai pas été déçue loin de là, c’est sombre mais très beau. Comme tu l’as dit c’est soigné, c’est propre.
    En plus j’aime bien être menée en bateau. Tu penses pouvoir l’excuser, tu détestes la petite fille, il y a plein de fausses pistes qui font que tu te fais bien niquer la gueule en fait. César c’est un putain de taré puis c’est tout.

    Par contre je suis sortie un peu déprimée mais très heureuse de dormir sur un matelas par terre (pauvre étudiante que je suis)et dans un immeuble de merde avec même pas un digicode.

  2. Je suis allé voir ce film juste pour l’acteur que je ne connaissais pas mais qui m’a interpellé dans la bande-annonce que j’ai eu l’occasion de voir quelques jours avant la sortie du film. Le mec est un mixte entre Mel Gibson et Robbie Williams en mode calvitie. Mais j’y suis allé aussi parce que c’est un film espagnol, cinéma qui a tendance, depuis plusieurs années, à nous pondre des petites merveilles au niveau du thriller et du film d’horreur.

    Et donc au final, on est pas déçu. On sent que l’histoire a été parfaitement pensée. Et en plus, ce film me fait découvrir un acteur, à savoir Luis Tosar, qui dégage une forte présence à l’écran.

  3. Bonjour,
    Ce film est une grosse perte de temps, vous avez vu la bande annonce ? Rester sur cette bonne impression, le film est long, lent, ennuyeux et pas du tout flippant, j’pense que ca aurait pu limite faire une bonne comédie, car niveau film horreur épouvante j’ai envie de dire LOLILOL interdit au moins de 6 ans. J’ai adoré le passage ou il dit « Je vais passer au choses sérieuses » ET LA, ATTENTION il met des oeufs d’insectes… OMG wouah c’était terrifiant et pour le coup inespéré !La fin c’était du déjà vu, au bout de 30 minutes on avait déjà tous devinait la fin (et oui 3 a aller voir ce navet et on a tous penser la meme chose= film naze, film loupé). Non sérieusement ce film ne vaut meme pas 8€ pour la place de ciné et j’ai été super décue car la bande annonce nous présenté ca plutot comme un film dérangeant, ou choquant, mais pour le coup pas du tout… J’y suis allée avec mon frere et sa copine qui est plutot chocotte et même elle l’a trouvé mais alors nul de chez nul, pas un seul moment de tension…
    Je suis surprise de voir que des personnes appréciant les vrais thriller, films bons films d’horreur peuvent apprécier ce genre de navet…

    J’avoue ne pas etre bon pubic car j’apprécie vraiment que les bons films avec un bon scénario derrière.

    D’ailleurs je suis tomber sur ce blog un peu au hasard et je suis surprise qu’une personne ayant vu autant de films puissent conseiller des films pas terrible. Après chacun ces gouts mais perso aimant regarder tous genre de films bien roulé (bon scénario) je conseille de regarder d’abord la note d’allociné, en dessous de 3 c’est clairement pas terrible, en général.

  4. Tres bien fait et Grosse tension.
    Il y a des passages ou on flippe pour lui et on veut en meme temps qu’il soit decouvert.
    ‘Luis Tosar et Marta Etura, les deux acteurs qui incarnent les rôles de César et Clara, sont des amoureux dans la vraie vie. Depuis quelques années déjà.’ NO WAY. Effectivement sa fait bizarre.

    Par contre ce film ressemble beaucoup a ‘La locataire’ avec Hilary Swank, Jeffrey Dean Morgan.

  5. Un film très sympa. Jaume Balaguero est définitivement trop bon dans les ambiance clostro.
    Je suis pas d’accord avec toi, je suis restée attachée au personnage jusqu’au bout moi. (Comment ça je suis bizarre?)
    Je sais pas, cet acteur dégage vraiment quelque chose de fou, et dès qu’il fait sa petite tête de gentil, tu oublies vite qu’il se cache sous les lits.

    @cec1609: Je te trouve un peu dure. Je comprends que ce tu dis dans le sens où le film ne fait pas « peur ». Mais je l’ai trouvé vraiment délectable, on a un plaisir assez voyeur et vicieux à le regarder, je trouve. En plus, c’est super de se faire son opinion simplement en regardant si la note allociné est au dessus de 3… (WTF?!)
    En plus, c’est pas pour faire ma raclette, mais il a eu 3,4.

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