The Voices (2015) : Parle à mon chat, ma tête est malade

The Voices est un film de Marjane Satrapi dans lequel Ryan Reynolds campe un gentil psychopathe qui entend des voix et qui parle à ses animaux de compagnie.

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Ce qui nous manquait depuis un moment dans le paysage des psychopathes, c’était un personnage touchant et gentil, presque enfantin, capable de commettre les pires actes sans pour autant perdre notre affection. Un peu comme Norman Bates, ce doux célibataire endurci fan de taxidermie et très proche de sa maman qui n’avait, au premier abord, rien de bien menaçant dans le regard. Heureusement, Marjane Satrapi et Michael R. Perry, le scénariste, ont entendu nos prières et nous livrent aujourd’hui l’histoire de Jerry, campé par Ryan Reynolds (qui est un très bon acteur, c’est juste qu’il joue dans beaucoup de très mauvais films) (vous avez vu Buried ? allez donc voir Buried), un jeune homme au regard pétillant qui cherche l’amouuuur.

Le problème, c’est qu’il a une fâcheuse tendance à tuer tout ce qui lui passe sous la main sans faire exprès. Et avec un chat qui ne fait que l’emmerder ou l’encourager à tuer et un chien qui tente de le raisonner, c’est pas évident tous les jours de faire la part des choses.

The Voices est donc, comme vous vous en doutez à ce stade, une comédie. J’hésite à rajouter romantique, mais comme y a un peu de tripaille et de rendez-vous amoureux qui finissent mal, je peux difficilement parler de romance. C’est dommage, parce que Jerry est quand même hyper bien-intentionné à la base. Tout ce qu’il désire, c’est trouver quelqu’un avec qui partager de bons moments, rigoler, apprécier la vie et le quotidien. Car Jerry voit la vie en rose, avec la candeur d’un enfant. Il est extrêmement positif et résolument optimiste et il voit toujours les choses sous leurs meilleurs angles.

Et pourtant, c’est pas toujours facile. Il partage sa vie avec un chat écossais au langage outrancier qui n’hésite pas à le pousser vers le côté obscur (parce que c’est plus marrant) et un gros pépère de chien qui, au contraire, l’encourage à surmonter ses bas instincts pour ne montrer que le meilleur de lui-même. À savoir que les voix des deux animaux sont toutes les deux fournies par Ryan Reynolds en personne, ce qui prouve que hein, quand même, il a quelques cordes à son arc et qu’il peut faire autre chose que jouer les justiciers verdâtres et les playboys couillons dans ce troisième épisode de la saga Blade dont on préfère ignorer l’existence.

Partagé entre ces deux aspects de sa personnalité, il passe donc beaucoup de temps à converser avec ses animaux qui agissent comme un duo d’ange et de démon perché sur son épaule. À côté de ça, il essaye de gérer un premier rendez-vous amoureux avec Fiona (Gemma Arterton), sa collègue qui ne lui montre que très peu d’intérêt – au grand damn de Lisa, qui se contente d’observer leurs échanges et qui aimerait bien prendre la place de Fiona dans le coeur de Jerry.

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Le reste n’est qu’un énorme enchaînement de boulettes aux conséquences plutôt dramatiques qui ne font que plonger Jerry dans une panade dont il peine terriblement à se sortir. Pétri de bonnes intentions, il passe son temps à foirer tout ce qu’il entreprend et à plonger des lames dans des corps auxquels il ne voulait, à la base, absolument aucun mal.

Et le résultat est à crever de rire. Lorsque j’ai vu le film à Gérardmer, la salle n’en pouvait plus de se marrer, ça se pissait dessus à tous les rangs – et c’est donc pas étonnant que le film ait reçu le prix du jury ainsi que le prix du public. Le film est extrêmement drôle mais également touchant et vraiment bien écrit. Impossible de ne pas ressentir d’empathie pour Jerry, et par extension pour Ryan Reynolds (ça se sent que j’ai beaucoup de tendresse pour lui ? parce que c’est le cas hein, au cas où ce serait pas encore très clair) qui livre une performance vraiment impeccable, du début à la fin. Ses collègues ne sont pas non plus en reste, Gemma Arterton et Anna Kendrick sont également excellentes dans leurs rôles respectifs et l’ensemble forme donc un bilan pas très loin de la perfection.

Le rire et l’horreur se marient toujours très bien mais beaucoup de comédies horrifiques restent encore dans les cases ovnis et bijoux cultes peu connus du grand public (Shaun of the Dead a clairement changé la donne, et c’est pas une mauvaise chose) – c’est une excellente alternative pour celles et ceux dont la curiosité est titillée par des sujets horrifiques mais qui craignent le traumatisme et les mauvaises sensations. Certes, il y a des scènes crades, mais elles sont toujours contrebalancées par un élément comique qui permet au spectateur de sortir de la noirceur du sujet pour se soulager par le rire – une technique qu’on utilise aussi devant des films plus sérieux mais qui énervent beaucoup le public des films de genre parce que PUTAIN ARRÊTEZ DE VOUS MARRER TOUTES LES 3 MINUTES DANS LES SALLES DE CINÉ ÇA REND OUF SANS DÉCONNER JE VAIS VOUS METTRE MON POPCORN DANS LES TROUS DE NEZ.

Jerry est un personnage clairement creepy, mais la façon dont il est représenté nous interdit de formuler la moindre petite parole négative à son égard tant il est mignon et que ohlala quand même c’est pas sa faute, il essaye de bien faire et puis bon bah il a pas eu une vie facile faut dire aussi. Le parallèle entre la façon dont il voit le monde et la réalité est extrêmement bien orchestré et se met en place progressivement, pour installer le malaise au fur et à mesure. Plus le film avance, plus on s’attache à Jerry, puis plus on réalise à quel point il est flingué et à quel point on a été trompés par sa perception des choses.

Plus que jamais, je vous recommande chaudement ce film, totalement accessible à tous les niveaux et qui devrait clairement plaire à la majorité. En tout cas, c’est ce que je lui souhaite. Parce qu’il est vraiment, vraiment chouette.

Et en plus, il est sorti en DVD et en Blu-ray, alors vous avez pas vraiment d’excuse.

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4 réflexions sur “The Voices (2015) : Parle à mon chat, ma tête est malade

  1. ce week-end! Il est GE-NIAL! Sérieusement, ça faisait des lustres que je n’avais pas vu un film aussi drôle et dérangeant à la fois. Ryan Reynolds est chou au point de lui pardonner toutes ses maladresses et j’ai la chanson du générique de fin dans la tête depuis hier soir ^^

  2. Ce film est un pur délice ! jamais je n’ai vu un film aussi touchant que perturbant. Le chat me rappelle un mélange de Courtney dans Jawbreaker et de Joan Collins dans Dynastie. Il interprète un personnage tellement méchant qu’il en devient une camp bitch. Et je ne suis pas loin d’implorer Ryan Reynolds de m’épouser tellement il est touchant, mais je veillerai à ne pas traîner le moindre objet contondant. Bien qu’il soit pipou en vrai et que ce n’est qu’un rôle de cinéma.
    Ca m’a fait du bien de voir cette comédie noire douce-amère.

  3. J’ai profité du Pintemps du Cinéma pour aller voir ce film, et j’ai adoré ! Par contre, une fois qu’on comprend à quel point Jerry est malade, j’ai eu du mal à rire « pour de vrai », quand je riais c’était clairement nerveux et pour soulager la pression ^^’. J’ai trouvé l’histoire très touchante et en même temps vraiment flippante, Ryan Reynolds arrive vraiment bien à jouer sur ces 2 tableaux dans jamais être caricatural, ce mec est un bisounours totalement creepy.

  4. Je viens enfin de regarder le film. Un film très très touchant. Je pleurais littéralement à la fin. Le personnage Jerry est si touchant. On voit qu’il a eu un gros traumatisme mais que malgré ça, il se soigne mais les voix sont plus fortes. Quand on regarde bien, les malheurs arrivent par accident mais il ne fait rien pour aider au contraire, il aggrave. Le fait de mettre un chien et chat pour les consciences était une très bonne idée. Par contre, j’ai 4 chats, je vais peut être arrêter de leur parler. 🙂 Bon, ils ne m’ont pas encore répondu et me miaulent dessus, donc je ne suis pas devenue folle.
    Ryan Reynolds est extra dans ce rôle, enfin, on lui donne de vrais rôles. Car il donne vraiment vie à Jerry, on a de la compassion pour lui, on veut lui dire que tout va s’arranger, qu’on veut l’aider, mais en même temps, on ne veut pas trop s’en approcher de peur de finir dans le frigo.
    En tout cas, un grand bravo pour ce film.

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