Double Revue : Blood Beach et Sand Sharks

Ross Stewart est de retour avec une double revue ! Au programme : Sand Sharks et Beach Sharks – avec du requin, du sable chaud et des grosses marques de morsure.

Histoire de prolonger le doux souvenir des vacances, je vous emmène aujourd’hui à la découverte de deux films qui sentent bon le sable chaud : Blood Beach et Sand Sharks.

C’est la mort à la plage (Ahou Tcha Tcha Tcha)

Si depuis la sortie des Dents de la Mer en 1975 et de sa suite en 1978, la flotte ça fout grave les chocottes (qui n’a jamais regardé au loin si un aileron ne traînait pas à l’horizon ?), en 1981 Blood Beach prend le cinéphile à contre-pied, puisqu’ici l’horreur n’est pas dans l’eau, mais bien sur la terre ferme. Si vous avez eu l’occasion de regarder la série V (la première, celle sortie en 1984 ), vous vous souvenez peut-être d’un épisode dans lequel les héros sont envoyés dans un camp de prisonniers visiteur. Dans le sable entourant le camp vit une créature carnassière qui à un moment entraîne un fugitif sous-terre pour le dévorer. C’est exactement ce à quoi m’ont fait penser les premières images de Blood Beach.

Tout commence de bon matin, alors qu’Harry va faire trempette et croise Ruth qui promène son chien sur la plage. Arrivé au large, il entend les appels au secours de son amie, mais une fois revenu à terre, il ne trouve aucune trace d’elle. Ruth s’est littéralement volatilisée et il ne reste plus que son chien apeuré. Catherine, la fille de la disparue, en apprenant la nouvelle se dépêche de rappliquer sur place. En plus c’est l’ex-fiancée d’Harry, alors forcement ce dernier se sent vachement concerné par l’affaire. L’ancien couple se réunit donc pour découvrir le fin mot de l’histoire, tandis que les événements étranges se multiplient. La police, elle, est sur les nerfs puisque les maigres indices récoltés ne mènent nul part. D’ailleurs, ça m’a fait plaisir de voir au casting des forces de l’ordre John Saxon, qui a joué dans un bon paquet de films, des classiques comme des nanars (Opération Dragon, Les Griffes de la Nuit, Black Christmas, les Mercenaires de l’Espace ou plus récemment War Wolves). On retrouve aussi Burt Young, alias Paulie dans Rocky, qui pour sa part, sert de relief comique grinçant. Son personnage n’est pas vraiment sympathique, il met sans arrêt les pieds dans le plat et ses collègues le remettent à sa place à longueur de temps. Mais ça ne l’empêche pas de venir régulièrement balancer des remarques acerbes ou des blagues foireuses.

Tout s’enchaîne sans trop de temps morts, entre les attaques du monstre, l’enquête et le revival amoureux de Catherine et Harry. Le film use de ficelles désormais classiques : la vieille clocharde à moitié folle qui sait parfaitement ce qui se passe, le chat qui sort de nul part pour nous faire sursauter, ou encore le héros qui fait n’importe quoi. Parce que c’est bien connu, quand on est un héros on peut se permettre de prendre des initiatives totalement connes. Dans le cas de Blood Beach, Harry, notre génie au sourire Colgate, pense savoir où se cache le monstre, qui rappelons le a déjà tué ou gravement blessé une dizaine d’individus. Il décide donc de n’en parler à PERSONNE pour se rendre sur place SEUL et bien sûr SANS arme. Après tout pourquoi se faire chier à prendre des précautions quand on est sur les traces d’une créature sanguinaire ?

Niveau effets spéciaux et hémoglobine, c’est très discret. La majeure partie du temps les victimes se font simplement entraîner sous-terre. En fait, on ne voit vraiment le monstre qu’à la toute fin du film, et très rapidement. D’où vient-il ? Qu’est-ce que c’est vraiment que ce truc ? Comment ? Pourquoi ? À cause de qui ? Mystère ! Bref Blood Beach est une petite péloche sympa, qui ne fera sourire que les nostalgiques, mais fleure bon le doux parfum des années 80.

Pour rester dans la thématique des dents de la terre, on enchaîne maintenant avec Sand Sharks
et ses requins préhistoriques qui resurgissent à notre époque, comme ça, juste pour faire chier les vacanciers.

Sur la plage ensanglantée, Un carnage s’en est allé…

Les requins ont les a eu à toutes les sauces, sous toutes les formes et dans tous les lieux : mutants, préhistoriques, programmés par l’armée, vivants dans les canaux de Venise, dans des marais et même avec des tentacules (merci à Sharktopus pour ce spectacle improbable). Avant de passer à l’étape du requin volant (mi-requin mi-mouette peut-être ?), ou à roulette, voire au requin de l’espace ou au requin ninja, Sand Sharks nous offre des squales préhistoriques qui se déplacent dans le sable sans la moindre difficulté.

Le pitch est alléchant, mais sent le déjà vu à plein nez : un petit magouilleur veut faire fortune grâce à un mega festival de la mort qui tue, mais des requins des sables viennent tout foutre en l’air. Très vite on s’aperçoit qu’on est devant une bonne grosse série B, et le film ne s’en cache même pas avec une référence à Roger Corman (le ténor du genre) et des situations surréalistes. Autant dire qu’il vaut mieux prendre le métrage au 15ème degré et ne pas être trop regardant au vu de la qualité de l’ensemble.

La bonne surprise pour moi, ça a été de retrouver en tête d’affiche Corin Nemec (oui, j’étais un grand fan de la série Parker Lewis ne Perd Jamais), qui après avoir joué dans Stargate SG1, enchaîne ces dernières années les films d’horreur fauchés : Raging Sharks, Mansquito, House of Bones, ou encore Sea Beast. Le film profite donc d’un bon capital sympathie. Dommage qu’il soit dédié à un rôle de beau parleur looser pathétique, alias Jimmy Green. Un personnage qui perd toute crédibilité dès sa première apparition. Argh, Parker Lewis mais qu’es-tu devenu ?*!# En plus pour accentuer le côté grotesque de son rôle Corin en fait des caisses. Au moins il ressort à côté des autres acteurs, qui sont juste transparents.

Avec son projet de redonner du dynamisme à l’île de White Sand, Jimmy convint le maire (qui est aussi son père, ça aide), d’aménager la plage pour accueillir un festival grandiose digne de Burning Man. Et dire que le fils prodigue veut organiser son Sandman Festival avec une équipe de trois pauvres bras cassés : un mec chargé du cybermarketing, une stagiaire et une avocate. Enfin, on n’est plus à une incohérence près.

Le scénario est hyper prévisible et bourré de clichés, mais au moins c’est rythmé. Le problème c’est que Sand Sharks n’a pas les moyens de monter crescendo et reste au raz des pâquerettes du début à la fin. S’ils avaient mis le paquet sur leur fameux festival ça aurait pu valoir le coup, mais on doit se contenter d’une beach party bien pitox (ou comment retranscrire la folle ambiance d’Ibiza avec une quarantaine de figurants et une poignée de tentes disséminées à droite à gauche). On atteint les sommets du ridicule quand les requins attaquent et que les figurants tournent en rond pour donner l’impression d’une foule désemparée.

En résumé, Sand Sharks touche le fond, un peu comme ses créatures qui n’arrivent pas à la cheville des Graboïdes de Tremors. En même temps c’est tellement pathétique que ça en devient drôle. À réserver donc pour les soirées entre potes, sous peine de bien se faire chier.

– Par Ross Stewart

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5 réflexions sur “Double Revue : Blood Beach et Sand Sharks

  1. Merci pour la découverte de blood beach, le concept est sympa et si ça fleur bon les années 80 alors cela mérite que je m’y attarde. Sinon pour info il y a un poster un tantinet plus gore de blood beach qui traîne sur le net.

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