The Neighbor Zombie (2010) – Une revue de Ross Stewart

The Neighbor Zombie est un film coréen d’anthologie réalisé par Young-Geun Hong, Young-doo Oh, Jang Yoon Jung et Hoon Ryoo (oui ça en fait du monde) qui nous montre un Séoul envahi par les zombies. Revue de Ross Stewart.

Quand j’ai découvert The Neighbor Zombie, petit film coréen fauché réalisé en 2010 par quatre réalisateurs amateurs, je ne m’attendais pas à grand chose. J’étais seulement poussé par ma curiosité et ma passion pour les films de zombies. C’est peut-être pour ça d’ailleurs que j’ai été agréablement surpris par cette sympathique petite bobine. Déjà, la mise en scène est très professionnelle avec un style bien homogène. On ne sent jamais que quatre réalisateurs se succèdent derrière la caméra et malgré l’étroitesse du budget, le film a de la gueule. Franchement, j’ai été impressionné par l’originalité de certains cadrages, avec en prime de superbes plans de Séoul. Donc un bon point pour la réalisation, mais au niveau du scénario, ça donne quoi me direz-vous.

Zombie flick à huit mains

L’histoire débute avec un petit résumé de la situation. En quelques images nous apprenons qu’une expérience ratée a entraîné une épidémie en Corée du Sud. En fait, un groupe de scientifiques pensait avoir trouvé un remède contre le SIDA. Mauvaise pioche, après quelques tests tout ce qu’ils ont obtenu c’est une invasion de zombies ! The Neighbor Zombie est ce qu’on appelle un film omnibus, c’est à dire un film regroupant différentes séquences autour d’une thématique commune (heureusement que j’ai écrit cette critique sinon j’aurais jamais appris ça). Voilà pour la minute éducative. Nous allons donc suivre l’évolution de cette crise à travers six petites histoires. Mais si elles se suivent chronologiquement, et ont toutes évidemment un lien avec l’épidémie, elles ne sont hélas pas reliées entre elles. On passe d’un protagoniste à l’autre sans réelle raison, à part qu’ils habitent le même coin de Séoul (d’où le titre). Les sketches sont inégaux mais parviennent tous à créer une ambiance attachante, et aucun d’entre eux ne sombre dans la platitude. En revanche, ça tourne parfois un peu court. L’idée est lancée, l’atmosphère s’installe, puis paf on passe à la suite.

La première histoire par exemple est surprenante, mais bien trop sous exploitée. On y découvre un collectionneur de figurines se faisant attaquer par une force invisible. Il aura beau tenté de fuir encore et encore son appartement, notre sympathique petit geek sera irrémédiablement ramené à l’intérieur par cette mystérieuse manifestation. Au bout de dix minutes on passe à la suite sans vraiment connaître l’origine de cette force, même si on peut supposer que ces hallucinations sont les premiers symptômes de la maladie. Perso, je m’attendais à retrouver notre gugusse un peu plus tard et avoir droit à une petite explication. Mais non, nada, walou, on passe à la suite et puis c’est tout !

Le deuxième segment aussi est vite expédié, avec ce couple uni malgré l’infection. Car même si son mec n’est plus très frais, Ha Eun-ji est bien décidée à rester à ses côtés (ah, c’est beau l’amour). Mais quand leur plan d’obtenir un remède tombe à l’eau, il ne leur reste plus qu’une seule solution, se faire la belle pour échapper à la police qui traque sans relâche les infectés. C’est attendrissant, troublant, même drôle, mais pareil au bout de dix minutes on passe à la suite, et on n’entendra plus jamais parler d’eux.

Zombie domestique : mode d’emploi

Là, on arrive à mon passage préféré, celui d’une jeune femme qui garde sa mère zombie enchaînée, la nourrissant comme elle peut. Riche en tension, ce sketch sait aussi se montrer bien trash. Parce que la fille n’hésite pas à donner de sa personne (littéralement parlant !) pour rassasier sa petite môman. Le contrôle inopiné d’un agent de police va changer la donne en apportant une nouvelle source de bidoche bien fraîche.  Devant cette aubaine notre héroïne du moment ne va pas hésiter face au dilemme « je dois prendre soin de ma mère, mais c’est mal de découper des gens, même pour sauver ses proches… ». Non, la question est vite tranchée et c’est le flic qui va en faire les frais !

Comme cette partie dure 25 minutes, le réalisateur a aussi plus de temps pour développer la situation de ces trois prisonniers (le flic étant prisonnier de la fille, qui est captive de sa relation avec sa mère, qui est de son côté prisonnière de sa condition de zombie). À ce moment je me suis dit que même si je restais sur ma faim niveau scénario, au moins le mélange d’ambiances était réussi. Tantôt drôle, tantôt sanglant, émouvant, voire dramatique, The Neighbor Zombie joue sur tous les tableaux et parvient à contenter tout le monde (au moins un court instant).

Du jus de zombie au p’tit dej

Et si vous voulez de la baston, c’est maintenant, avec une séquence digne d’un jeux vidéo, genre Resident Evil. Déjà on nous apprend que BRINDELL, le groupe qui a mis au point le vaccin, est en réalité une belle bande d’enfoirés. Leur but était de déclencher cette épidémie pour vendre leur remède exclusif et développer en prime une nouvelle drogue, le « zombie high ». Comme son nom l’indique cette substance est tirée des fluides corporels des zombies. Alors je sais pas vous, mais je trouve qu’il faut vraiment être taré pour se défoncer avec une mixture à base de zombies. Enfin bon, les terroristes en raffolent (qui sommes nous pour juger ?) et avec ça les petits gars de chez BRINDELL se sont faits des couilles en platine. Heureusement, le gentil docteur Park est là pour mettre un terme au cauchemar avec son vaccin maison.

Les bons cobayes se faisant rares de nos jours, le docteur a eu la bonne idée de tester son vaccin sur lui. Résultat, il est tout pourri de l’intérieur et ses poumons émettent désormais un gaz toxique. L’aspect positif dans tout ça, c’est qu’il a quand même réussi à finaliser son remède. Bien sûr chez BRINDELL on apprécie pas trop l’initiative du doc, alors on lui envoie un tueur pour faire le ménage. Si on rajoute au tableau la fine équipe des forces spéciales (un leader charismatique, une bleue irréprochable et un collègue qui l’est beaucoup moins), on a là tous les ingrédients pour une belle séance d’action. Hélas, l’exercice, qui dure une vingtaine de minutes, ne supporte pas vraiment le budget anémique de nos quatre réalisateurs amateurs. Ça reste quand même correct, faut juste pas être trop exigeant.

Nique sa mère la réinsertion

On change encore radicalement d’ambiance pour plonger cette fois dans le drame social avec l’avant dernier sketch, qui aborde un sujet encore jamais traité ( du moins à ma connaissance) : la réinsertion des anciens zombies, désormais guéris, dans une société ayant encore peur d’eux. Autant dire que ce n’est pas gagné, entre le chômage, les préjugés, le bilan médical hebdomadaire obligatoire, sans oublier la peur et la honte des actes passés, le retour à une vie normale est pour eux un vrai calvaire. Bae Yong-Geun fait partie de ces rescapés. Malgré ses efforts il a bien du mal à trouver un boulot, il fait des cauchemars où il se voit boulotter des morceaux de cadavres, et pour couronner le tout il est poursuivi par la fille d’un couple qu’il a jadis dévoré.

Après l’avoir attaqué à deux reprises, la demoiselle s’introduit chez lui avec la ferme intention de le tuer. Mais un étrange braqueur va intervenir et ruiner son plan. Comme ce dernier est aussi un ancien zombie, la vengeance de la nana, il s’en bat le steak. Au contraire, il va se ranger du côté de Bae et soutenir que les vraies victimes sont les anciens infectés ! Dans le principe, c’est un passage original qui aborde la thématique du zombie sous un angle nouveau, celui de « l’après », avec les remords qui vont avec et tout, mais j’ai été déçu par l’intervention de ce braqueur. Trop artificiel à mon goût, ce rebondissement fait plutôt tâche dans une histoire qui se veut aussi sérieuse et tragique.

Enfin, le dernier segment est assez court, à peu près cinq minutes, et c’est pas plus mal. En effet, il est question d’un écrivain (ou d’un journaliste peut-être) relatant certains des événements de l’épidémie sur son PC. On a donc le droit à quelques images des histoires précédentes, accompagnées de gros pavés de textes, et comme je ne comprends pas le coréen du coup j’ai rien bité… Au début j’ai même cru que c’était un générique de fin stylé, mais non.

En conclusion, je dirais que The Neighbor Zombie est un film rafraîchissant mais trop décousu (à moins que la séquence avec l’écrivain connecte habilement le tout, mais j’en doute). C’est vraiment dommage, parce qu’en reliant les personnages, autrement que par le simple fait que ce soient des victimes de l’infection, ça aurait donné à l’ensemble plus de cohésion, donc plus d’impact. Les mauvaises langues diront sans doute que le film bouffe à tous les râteliers et manque cruellement de profondeur. C’est pas faux, mais ça ne l’empêche pas d’être divertissant, et c’est déjà pas mal.

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