Chair de Poule (2016) – Slappy fout la merde

Slappy-in-Goosebumps

Chair de Poule, c’est un peu mon Harry Potter à moi. Quand j’étais en primaire, j’avais même lancé une mode à la con qui consistait à passer toutes nos récréations à lire des Chair de Poule en marchant en ligne droite, en faisant des allers-retours sans se fatiguer, comme des zombies assoiffés de frissons. Plus les jours passaient et plus j’avais de gens dans mon crew, et ça devait être sacrément inquiétant vu de l’extérieur, mais en tout cas nous on se marrait bien.

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été complètement traumatisée par La Nuit des Pantins, dans lequel une petite fille jalouse des numéros de ventriloque de sa soeur se procure son propre pantin, Monsieur Wood (Slappy en V.O.), qui fout la merde dans la baraque. Ce personnage a été tellement efficace et populaire qu’il est apparu dans d’autres tomes, ainsi que dans la série télé Chair de Poule, la série de bouquins Horrorland et même dans un recueil de bandes-dessinées.

Bref, tout ça pour dire que quand j’ai appris qu’il y allait y avoir une adaptation ciné de Chair de Poule, ça m’a mise dans tous mes états. Et je l’ai attendue longtemps, longtemps, longtemps… Puis elle est arrivée, et je suis pas allée au ciné parce que j’ai oublié et que je suis une grosse nullarde, mais ça y est, je l’ai vu, nous avons enfin été réunis.

Réalisé par Rob Letterman, à l’origine de Gang de Requins, Monstres contre Aliens et Les Voyages de Gulliver (auquel il s’est permis une petite référence subtile…), le film a décidé de se la jouer méta. En effet, on y fait la connaissance de Zach, un jeune garçon qui se retrouve forcé de déménager dans une petite ville perdue avec sa mère, et qui découvre que son voisin n’est autre que le célèbre R. L. Stine, auteur de la célèbre série de bouquins Chair de Poule. Mais loin d’être un voisin banal, Stine a plutôt le profil du reclus de service, qui ne laisse personne approcher de sa maison – et encore moins de sa fille, qui a malheureusement tapé dans l’oeil du jeune garçon.

Porté par sa libido et son complexe du héros, Zach va donc se retrouver à entrer par effraction chez son voisin dans le but de délivrer sa dulcinée de sa vie d’ermite – mais il ne réussira qu’à délivrer tous les monstres enfermés dans les bouquins de l’écrivain à la place, bien joué l’asticot.

Bon, du coup, si on a été fan de la série à un moment, là on se dit « Youpi ! Je vais voir tous mes monstres préférés en même temps, ça va être un gros festival, wooooo !« . Et donc oui, mais sauf que non. Parce que le problème d’un film, c’est qu’il est un poil limité dans le temps. Résultat, si on a une bonne exposition sur les trois-quatre premiers monstres, les autres passent complètement en arrière-plan et on a de la chance si on arrive à les apercevoir dans la foule. Même le clown a été sous-utilisé, alors que bon, c’est quand même une des créatures avec le meilleur potentiel quoi.

Du coup on a une histoire qui est loin d’être complètement idiote, avec un prétexte qui se tient quant à la libération des créatures, un Jack Black au top et un sidekick à la Andy Bernard de The Office tout à fait efficace, mais pour le reste, ça tombe un peu à plat. Même Slappy a perdu un peu de sa superbe – après c’est peut-être aussi parce que je suis une femme adulte courageuse qui sait que ça existe même pas pour de vrai d’abord et que du coup j’encaisse un peu mieux sa sale gueule, mais tout de même.

Goosebumps-Jack-Black-Dylan-Minnette

J’imagine que si je l’avais vu à 13 ans, j’aurais moins fait la fine bouche – et c’est normal parce que j’aurais été dans la cible, ce qui n’est pas tout à fait le cas ici. Certes, le film s’adresse aussi à la première génération de fans, mais c’est avant tout un film jeunesse, adapté d’une série de bouquins pour les enfants, et c’est donc parfaitement normal que ça ne m’ait pas fait tourner la tête. En vrai, c’est un film fun, assez bien ficelé, avec suffisamment d’action et de rebondissements pour nous tenir en haleine pendant un peu plus d’1h30 (ce qui n’est pas toujours gagné) et même un petit twist pour la forme.

C’est une bonne tranche de nostalgie avec ce qu’il faut d’innovations, qui rafraîchit ces classiques de notre enfance et qui s’en moque gentiment sans les dénigrer. Et si vous avez l’oeil, vous capterez peut-être le caméo presque subtil de ce cher R. L. Stine quelque part dans le film… (j’avoue : j’ai gloussé quand je l’ai vu) (et je l’ai même repassé, en gloussant à nouveau).

J’ai presque l’impression d’être trop cruelle quand je me relis, alors je finirai là-dessus : Chair de Poule est fun, divertissant, drôle et plein de tendresse pour l’oeuvre originale, et c’est finalement tout ce qu’on lui demandait, du coup ça fonctionne. Même si ça va un peu trop vite et qu’on en ressort quand même frustrés parce que JE VOULAIS VOIR LES AUTRES MOOOONSTRES LÀÀÀÀÀÀ. Mais ça, c’est du caprice.

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2 réflexions sur “Chair de Poule (2016) – Slappy fout la merde

  1. C’est vrai qu’il est assez fun. Je ne connaissait pas chaire de poule parque je suis trop vieille et du coup c’était une chouette découverte. Mais je suis d’accord aussi avec toi pour la frustration en monstres ca vaut pas la cabane dans les bois 🙂

    Il y a un truc qui m’a saoulé quant même – Attention je vais SPOILER alors ne lisez pas la suite si vous avez pas vu le film –
    C’est que la dulcinée soit un monstre écrit par R. L. Stine. Je trouve que c’est pourri car en plus elle est assez passive, elle se sacrifie et c’est quant même assez typiquement macho comme personnage féminin. Elle me rappel un épisode de la 4eme dimension qui m’avais terrorisé quant j’étais petite.
    Épisode 36 : Un monde à soi – Titre original : A World of His Own
     » Gregory West, écrivain, a la capacité de rendre réel tout ce qu’il dicte dans son dictaphone… Il essaie du moins d’en convaincre son épouse Victoria, qui pense l’avoir entrevu dans les bras d’une belle jeune femme. Étant considéré par son épouse comme menteur ou fou, Grégory doit montrer qu’il est de bonne foi : il fait donc apparaître Mary, sa maîtresse imaginaire, qui devient réelle quand il la décrit. Puis il la fait disparaître en détruisant la bande magnétique sur laquelle il l’avait décrite. Néanmoins Victoria croit encore à un coup monté et décide d’appeler l’hôpital psychiatrique pour enfermer son mari. Gregory, cependant, a plus d’un tour dans son sac, notamment celui de supprimer Victoria, qui elle aussi était une création de son imagination ! Gregory est maintenant libre de faire réapparaitre Mary, bien plus agréable à vivre. »

    A la fin de l’épisode je m’étais demandé si les femmes du vrai monde (pas la 4eme dimension) n’avaient pas été écrite par les hommes pour leur servir de bonniche ou de défouloir soumise. Je me pose toujours la question en fait ^^

    Merci pour tes super blogs je me régale avec tous les films que tu chronique.

  2. Selon moi, ce film est très fidèle à l’univers de R.L. Stine. C’est un long-métrage qui est bien réalisé et rempli de beaux effets spéciaux. J’ai été captivé par le scénario. Le casting est très bien choisi.

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