Beneath (2013) – Un bon petit naufrage

Beneath, de Larry Fessenden, raconte l’histoire de six jeunes coincés sur un petit bateau, au milieu d’un lac, et traqués par un gros poisson mangeur d’hommes.

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Vous commencez peut-être à le savoir, à force, mais les films de « gens coincés dans des endroits relous avec des créatures affamées/tueurs sanguinaires qui leur collent au cul« , c’est un de mes nombreux péchés mignons en ce qui concerne le genre. C’est pas de ma faute, j’aime ça. J’aime quand les gens sont acculés, confrontés à leurs plus grandes peurs, forcés d’affronter leurs démons. J’aime quand ils perdent la boule, que la terreur, la faim, l’isolation, le danger et tous ces trucs pas cool les poussent à bout et les forcent à révéler leur part d’ombre. J’aime quand on perd tout espoir de rédemption, de survie, de fin heureuse. J’aime quand ça pue la merde pour tout le monde, pendant que moi je suis bien au chaud sous ma couette avec plein de trucs à bouffer et pas grand chose de terrible à affronter dans ma vie.

Chacun ses petits plaisirs, après tout.

C’est donc sans surprise que je me suis ruée sur tout ce qui concernait Beneath de près ou de loin lorsque le film est apparu sur nos radars (sans vous en parler parce que je suis décidément une bien mauvaise blogueuse) – parce qu’en théorie, le film avait tout pour me plaire. L’intrigue était simple – six jeunes partis fêter la fin du lycée se retrouvent coincés sur une barque au milieu d’un lac, traqués par un gros poisson mangeur d’hommes qui refuse de les laisser tranquille. Il y avait tout ce dont j’avais besoin pour kiffer – de l’isolation, un gros prédateur, des jeunes cons qui finissent par se retourner les uns contre les autres, un cadre un peu original (c’est pas tous les jours qu’on centre un film sur des gens coincés dans une BARQUE).

Mais qu’est-ce qui a bien pu déconner, alors ? Je sais, ça vous intrigue. Patience.

D’abord, et même si on a pas trop l’habitude d’avoir des nominés aux Oscars dans nos films, il faut avouer que les acteurs de Beneath sont vraiment en-dessous de tout (HAHA T’AS VU MAMAN, J’AI FAIT UN JEU DE MOT BILINGUE !). Un visage vous paraîtra peut-être familier : celui de Deb, incarnée par Mackenzie Rosman, qui jouait la petite Ruthie dans la série Sept à la Maison. On sait pas trop comment elle s’est retrouvée là, mais quelque chose me dit que Beneath ne fera pas partie des grandes fiertés de sa carrière. Les acteurs qui l’accompagnent sont tous plus mauvais les uns que les autres – mais faut dire qu’ils ne sont pas vraiment aidés par les dialogues, qui ont vraisemblablement été écrits avec le cul. Difficile de livrer une performance de qualité quand les répliques avec lesquelles on doit composer son personnage sont mauvaises, pas crédibles pour un sou et environ à mille bornes de toute forme de réalisme.

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C’est le genre de dialogue qui prend les gens pour des cons – il faut tout dire, tout énoncer, décrire, pour être sûr que les spectateurs comprennent bien ce qui se passe (donc quand on perd une rame, emportée par un poisson mangeur d’hommes qui menace notre existence toute entière, il faut crier « NOUS AVONS BESOIN DE CETTE RAME !« , au cas où, histoire que le spectateur comprenne bien pourquoi les gens s’acharnent à récupérer cette rame, on sait jamais, des fois qu’on aurait envie de crier « MAIS LOL PK TU KRI MADAME TA K NAGÉ MDR« ).

Et le problème, quand on déteste instantanément tous les personnages d’un même film, c’est qu’on s’en branle complet de ce qui peut bien leur arriver. Et pour un film d’horreur, c’est quand même fort dommage, vu qu’on a plutôt tendance à voir les gens tomber comme des mouches. Et ce qui est cool, quand un film est réussi, c’est qu’on est parfois tristes de voir de gens mourir parce qu’on les aimait bien, parfois contents parce que c’était des fils de putes, et parfois complètement indifférents mais comme leur mort est cool, bah on est contents quand même. Dans le cas de Beneath, on est contents que tout le monde crève, parce qu’on en peut plus de voir leurs gueules, mais également fortement déçus parce que les morts sont faaaaades, mais faaaaaaaaaaaaaades.

Et vous me connaissez hein, j’ai pas besoin de voir de la tripaille voler aux quatre coins de la pièce pour être contente, il suffit que ce soit bien orchestré et ça fait mon bonheur. Mais là, bordel de merde, voir vingt fois le même plan de l’eau du lac qui devient rouge et de la mâchoire en latex du monstre qui mange du vent, ça gonfle.

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Et puis bon, encore une fois, je veux bien faire abstraction de toute logique, je suis pas relou, je pardonne plein de trucs. Mais quand au bout de six mille heures de « allez venez on rame avec nos mains/des planches/des couvercles de glacière » on constate que la barque est toujours AU MÊME PUTAIN D’ENDROIT, faudrait voir à pas trop déconner non plus. Sérieusement, peu importe le plan, on voit toujours le bord du lac pas trop loin, et okay, ils sont pas aidés, mais bordel, allez pas me faire croire qu’ils ont pas avancé de trois mètres au bout d’un moment quand même, merde.

Alors certes, il y a aussi un autre facteur à prendre en compte : Kitty. Le personnage de la blonde qui se tape la Terre entière et qui passe toute sa putain d’existence à crier et à pleurer et à dire que « non j’y arriverai pas je peux pas je peux plus je veux pas j’ai pas envie j’ai mal aux pieds et j’ai faim et j’ai soif et ça me gratte un peu vers là » et qui fait donc jamais ce qu’on lui demande. C’est sûr qu’avec une personne comme ça à bord c’est un peu compliqué de progresser (à noter que les autres ne sont pas spécialement d’une très grande aide non plus, ceci dit).

Et que dire du poisson, le grand prédateur du film, celui qui doit nous faire trembler dans nos slips à l’idée de refoutre un pied dans l’eau à l’avenir, celui dont la simple apparition devrait suffire à nous faire perdre le contrôle de nos vessies… Quelle grosse plantade, mes amis. Le poisson n’est en réalité qu’une grosse marionnette en latex avec un léger retard mental, dont le comportement n’a strictement aucun sens, aucune logique, aucune justification.

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Beneath est un film presque réussi. L’intrigue est presque bonne, le monstre est presque cool, les FX sont presque crédibles et les acteurs sont presque bons (non, c’est faux, ils sont à chier). Au final, c’est un film bâclé, brut, pas fini, que ses créateurs ont lâchement abandonné dans la nature sans avoir pris soin de s’occuper des finitions, et ça, c’est pas très très gentil. Larry Fessenden n’est pourtant pas un mauvais réalisateur, alors je soupçonne une grande conspiration ou un canular ou un pari perdu d’être à l’origine de ce film. 

Malgré tout ça, et à votre grande surprise, je recommande quand même Beneath. J’ai pas encore trop décidé pourquoi, mais je sais qu’il a déjà été apprécié par certaines personnes, et que vous pourriez donc en faire partie – je voudrais pas vous en priver. Et au pire, y a quand même moyen de se moquer un peu. Et de projeter toute la haine qu’on a en nous sur ces personnages détestables.

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4 réflexions sur “Beneath (2013) – Un bon petit naufrage

  1. Je viens de le mater, le monstre est pas si mal, en tout cas toujours plus crédible que les poissons numériques tout nazes des productions Syfy et Asylum, c’est juste l’oeil qui déconne, il aurait juste fallu s’occuper de ça en numérique et ça aurait été très bien.
    Les personnages et l’histoire par contre….affligeant. J’ai du voir environ 800 films d’horreur dans ma vie et je crois que je n’avais encore jamais vu des réactions aussi incohérentes des personnages. Les actions, les dialogues, les priorités, absolument rien ne tient debout c’est terrible !

  2. Salut,
    j’ai pas résisté et me suis donc lancé dans le visionnage de cette ‘merveille’ scénaristique. Ce film est une purge… et encore, je suis gentil, il a tout du lavement🙂. Les acteurs sont mauvais, très mauvais et les persos sont cons, plus cons c’est humainement pas possible. À côté d’eux, le truc qui sert de prédateur implacable et sanguinaire, à l’œil aussi vif qu’un merlan qu’on aurait laissé 8 mois sur un etal en plein cagnard, bref le poisson en plastique qui fait des tours dans un lac à la superficie égale au mois à trois fois celle d’un étang artificiel), et bien, lui, c’est Einstein. Enfin… tout est relatif.

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