Atrocious (2010)

Atrocious est un film espagnol qui raconte l’histoire du massacre d’une famille, composé d’images recueillies par les caméras de deux frères et soeurs, qui enquêtent sur des légendes urbaines. Ça fout une bonne petite pression comme on les aime.

Atrocious, réalisé par Fernando Barreda Luna, utilise la technique infaillible (haha, ou pas) des images récupérées par la police et montées pour en faire un film qui fait peur – zéro crédibilité sur ce point, à moins qu’on nous fasse mater des snuff movies à notre insu, mais soit. Ça a très bien marché pour Blair Witch, donc tant que ça reste un minimum cohérent, on fait comme si on y croyait. Et Atrocious prouve encore une fois que le genre du found footage n’est pas mort, et n’est pas non plus à jeter. Il y a encore du bon, et tous ceux qui ont une bonne idée mais un budget qui se limite à trois euros et deux sandwiches triangle ont quand même leur chance.

July et Cristian ont une passion en commun : les légendes urbaines. Et comme ils ont aussi une caméra et une connexion internet, ils s’amusent régulièrement à enquêter sur différentes légendes et à poster le résultat en ligne. Ils profitent donc d’une semaine en famille dans leur maison de Sitges pour enquêter sur une légende locale : une jeune fille se serait perdue dans les bois en 1940, et apparaîtrait régulièrement pour montrer le chemin à ceux qui s’y perdent la nuit. L’occasion idéale d’aller jouer les Winchester, caméra à l’épaule. Mais comme nous le rappelle le début du film, ils ne survivront pas à cette aventure. Mais QUI ou QUOI a bien pu leur faire du bobo ? MYSTÈRE.

De l’art de maîtriser le Rien

A partir de là, vous vous doutez bien que je ne peux plus trop m’étendre sur les détails du film, sinon je vais me retrouver avec une foule en colère sous mes fenêtres et je serai lapidée sur la place publique (je vous connais). Mais je vais répondre tout de suite à la question qui vous brûle les lèvres : Atrocious est-il un film qui vaut le détour ? OUI. Oui mesdames, oui messieurs, si le found footage c’est votre came, prière de regarder ce film SUR LE CHAMP. Ouais bon dit comme ça on dirait que je vous présente le nouveau Blair Witch (quoi que, si j’en crois ceux qui ne l’ont vu que récemment « pfff, c’est nul, y s’passe que dalle, Paranormal Activity ça fait plus peur que ça hein« ), alors que non, Atrocious n’est pas sans défauts. Mais il est quand même vachement cool, il met bien la pression comme il faut, sans trop insister.

Le truc, c’est que ça se joue vraiment sur pas grand chose. Contrairement à Grave Encounters, par exemple, qui utilisait tous les trucs possible et imaginables pour terroriser le public, quitte à en faire un peu des caisses, Atrocious mise sur la subtilité. Vous allez clairement flipper pour pas grand chose, dans le sens ou non, il n’y a pas de comptines pour enfants, de fantômes en colère, d’apparitions brutales, de meubles qui volent dans tous les sens… Mais c’est le fait de ne RIEN savoir pendant tout le film qui risque de vous tuer. Ceux qui préfèrent les films qui jouent sur la pression psychologique plutôt que les effets visuels à outrance seront ravis.

Un film qui nous prend pas pour des cons

Le film prend le temps qu’il faut pour s’installer, poser le décor et l’ambiance, nous familiariser avec les lieux et les personnages. Et au moment où on commence à se sentir chez nous, et à se dire que « mouais, bon, dodo un peu là »… BIM. Pression. Et après ça, la tension monte de minute en minute jusqu’à nous crisper complètement. Et, tout en serrant votre couette dans vos petits poings en redoutant chaque virage pris par la caméra, vous vous demanderez « MAIS QU’EST-CE QUI SE PASSE BORDEL DE MERDE ? C’EST QUI ? C’EST QUOI ? C’EST OÙ ? POURQUOI ? » – mais il faudra attendre les toutes dernières minutes pour trouver la réponse.

Alors à un moment, j’me suis prise pour une experte du FBI et je me suis dit « pfff, nan mais ça va, c’est grillé là, je sais c’qui s’passe, arrêtez de me prendre pour une bite ». Et après j’me suis pris une petite claque dans la gueule parce que j’y étais pas du tout. Mais j’ai bien kiffé. Ça aurait été carrément moins drôle si j’avais eu raison (notez que je n’aime avoir tort que dans ce cadre là, sinon je tape des gens).

Donc oui, je vous recommande Atrocious, et je re-signe mon contrat de confiance avec les films d’horreur espagnols. Maintenant je vais appeler ma mère et pleurer doucement dans le combiné en la suppliant à voix basse de me laisser rentrer à la maison.