Chastity Bites (2014) : Forniquer ou mourir, il faut choisir.

Chastity Bites est un petit slasher mignonnet sur fond de massacre de vierges et de féminisme qui ne vous fera pas sursauter une seule fois mais qui a quand même son petit charme. 

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Alors, avant toute chose, une petite mise en garde : Chastity Bites n’est pas un film flippant.

Il n’y a pratiquement pas de gore (à part une demi-douzaine de gorges tranchées proprement), pas de nudité, pas de sexe, pas de tripaille, pas de vilaines créatures des ténèbres – bref, au final très peu d’éléments horrifiques à se mettre sous la dent. Ça ressemble plus à un teen movie qui utilise une histoire vaguement flippante comme prétexte pour exister – mais l’horreur n’est clairement pas une priorité et ne tient pas une place centrale dans l’histoire. Beaucoup sont même allés jusqu’à comparer le film à un épisode de Fais-Moi Peur un peu mieux produit et visant un public vaguement plus âgé que la série.

Et c’est vrai qu’on en est pas loin.

Niquer plus pour mourir moins

Le quotidien des lycéennes de San Griento est légèrement chamboulé par l’arrivée d’une intervenante européenne, du nom de Liz Batho (si avec ça t’as pas déjà deviné la suite, j’te parle plus) qui débarque pour monter un super club au sein de l’établissement : le club des vierges. Le concept ? Ne pas forniquer et rester pure jusqu’au mariage (parce que c’est bien connu, les femmes atteignent immédiatement leur date de péremption dès le premier rapport sexuel et perdent toute leur fraîcheur – elles sont ensuite condamnées à rester prisonnières de leur corps impur dont personne ne voudra jamais parce qu’il a été touché par un autre pénis et que c’est franchement dégueulasse).

Bref, le projet de la Liz Batho en question est donc de monter une armée de pucelles pour… pour… ? Allez, eh, oh, quand même, vous avez deviné là, nan ? Liz Batho ? Une européenne ? Avec un petit faible pour les vierges ?

Eh ouais, banco, elle compte se servir de leur sang frais et pur comme bain moussant pour conserver sa jeunesse éternelle. Parce qu’en fait… c’est ELIZABETH BATHORY ! TWIST INCROYABLE ! Je spoile pas hein, c’est dans la bande-annonce, dans les synopsis, partout, c’est comme ça que le film est vendu. Merci de reposer immédiatement fourches et torches et de me dé-froncer ces jolis sourcils, vous m’effrayez.

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L’histoire n’est pas extraordinairement originale, mais elle contourne quand même une des grandes règles du cinéma d’horreur – celle qui dit qu’il ne faut surtout pas jouer à touche-pipi si on veut rester en vie. Ici, c’est plutôt l’inverse (un peu comme dans Cherry Falls).

Vent de fraîcheur sur les slashers

Il y a quelque chose de très rafraîchissant et d’euphorisant dans ce film – surtout quand, comme moi, on accorde beaucoup d’importance aux rôles féminins qui sortent des clichés habituels. Leah, l’héroïne de Chastity Bites, est une espèce de croisement entre Daria et Veronica Mars – la fille que j’aurais rêvé d’être au lycée, en somme (en vrai j’étais plutôt du genre Carrie) (oui, bon, sans les pouvoirs et la mère tarée, c’est vrai) (et je connaissais l’existence des règles avant de les avoir aussi) (ouais ok, en fait je me faisais juste martyriser, ÇA VA). Bref, Leah est féministe, anti-conformiste, grande gueule, sarcastique, drôle, courageuse, déterminée, talentueuse et tout un tas d’autres trucs cool qui changent un peu de l’éternel rôle de l’oie blanche qu’on se farcit encore trop souvent au cinéma (tous genres confondus).

Du coup, la mission de sauvetage du lycée lui tombe un peu sur le coin de la gueule, et c’est elle qui se retrouve forcée de sauver le cul de tout le monde parce que de toute façon c’est rien que des moutons qui veulent jamais écouter ses avertissements (faut dire qu’elle a tellement tendance à gueuler à la moindre occasion sur toute forme d’oppression que tout le monde a arrêté de l’écouter depuis bien longtemps).

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Au final, le film reste un bon divertissement léger et sympa – loin d’être révolutionnaire ou particulièrement excitant, et il vient avec son petit lot de faiblesses (dont un twist complètement tiré par les cheveux et relativement inutile), mais ça ne m’a pas empêchée de me prendre d’affection pour lui. Et particulièrement pour Leah. Et par extension pour Allison Scagliotti, son interprète, qui est absolument parfaite dans ce rôle – à tel point que j’aimerais qu’on lui offre sa propre série, où elle incarnerait une blogueuse féministe de jour, et une chasseuse de créatures de la nuit de… nuit. Merde. Cette fin de phrase est ratée.

Il s’agit du premier long-métrage de John V. Knowles, écrit par nulle autre que sa femme, Lotti Pharris Knowles – ce qui explique probablement deux-trois trucs. D’ailleurs, je parle des rôles féminins – mais le rôle masculin principal, celui de Paul (Eduardo Rioseco), est loin d’être à jeter. Lui aussi s’écarte pas mal des clichés habituels, et c’est vraiment reposant et encourageant et cool et nan, vraiment, j’ai beaucoup de tendresse pour ce film. Sa volonté et son message me plaisent et me touchent – et même si le reste est loin d’être à la hauteur, que ça reste assez bancal et faiblard au niveau du scénar, j’ai plus de facilité à lui pardonner. Parce que forcément, quand on mixe horreur et féminisme, je grimpe immédiatement aux rideaux. Surtout parce que c’est un mélange qui fonctionne très, très bien. Et que j’aimerais bien qu’on m’en offre plus souvent.

Alors certes, tout le monde n’y trouvera pas son compte ni son plaisir, mais dans le doute j’ai quand même envie de vous le recommander – parce que si vous possédez la même sensibilité que moi sur ces points, ça pourrait vous faire kiffer aussi, et vous auriez tort de vous en priver. Et si vous avez des jeunes ados qui s’intéressent au genre mais que vous souhaitez éviter de traumatiser sur huit générations dans votre entourage, ça peut servir de transition entre Oui-Oui et Le Joint de Culasse Enchanté et Martyrs.

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2 réflexions sur “Chastity Bites (2014) : Forniquer ou mourir, il faut choisir.

  1. Petit plus pour Allison Scagliotti, elle a déjà jouer dans une série Warehouse 13, ou elle joue le role de Claudia une geekette/hackeusse qui bosse dans un entrepôt secret ou sont garder des artefacts au pouvoir diverse et varier. Cette serie est génial *__*

  2. Je me permet de laisser un petit comm’ pour ChessTheFreak, je crois bien que je te connais, cela fait longtemps que je te cherche mais impossible de te retrouver ! je m’appel Eve je sais pas si tu te rappel de moi. si tu a fait des études de photographes et que tu aime le Cheshire de alice aux pays des merveilles alors tu es bien la personne que je recherche ^^

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