A Horrible Way to Die (2010)

A Horrible Way to Die est un film presque réussi d’Adam Wingard, dans lequel un tueur en série s’évade pour partir à la recherche de son ancienne petite amie… Des acteurs excellents, un scénario qui tient la route, mais un léger soucis de réalisation (indice : Wingard a la tremblotte).


Dans A Horrible Way to Die, de Adam Wingard, un tueur en série s’échappe et tente de retrouver sa petite amie, partie reconstruire sa vie dans une petite ville. Les rôles principaux sont interprétés par A.J. Bowen et Amy Seimetz, tous les deux excellents, ce qui remonte un peu le niveau du film. Les autres acteurs ne sont pas mauvais dans l’ensemble, loin de là, et heureusement parce qu’avec un défaut comme celui dont je vais vous parler, si les acteurs avaient été mauvais le film serait passé à la poubelle directement.

Je ne peux pas attendre le milieu ou la fin de cette revue pour dire ce que j’ai sur le coeur : NOM DE DIEU QUE C’EST MAL FILMÉ. Putain mais les réalisateurs des années 2000 sont allergiques aux plans fixes ou bien ? Je ne regarde pas un film pour en ressortir avec l’impression qu’on m’a mis la tête dans une essoreuse à salade. Sans parler de l’abus de flou, avec un peu d’imagination ce film pourrait très bien vous donner l’impression d’être pété comme un coing. Voilà. Ça c’est fait. Sachez juste que la caméra bouge TOUT LE TEMPS. Comme si elle était montée sur ressorts. C’est moche et du coup c’est assez difficile de se concentrer. Mais passons. J’ai tenu le coup (même si ça m’a donné des pulsions de violence assez phénoménales).

Allez, pour le kiff, quelques exemples de plans fabuleusement orchestrés :

J’aurais pu en prendre mille autres et inventer un super jeu de « devine ce que je te montre ». Mais bon, j’ai pas que ça à foutre aussi hein.

A Horrible Way to Die, bien que je l’ai classé dans cette catégorie, n’est pas un slasher au sens classique du terme. Il y a bien un serial killer, des victimes et une final girl, mais l’histoire est bien plus creusée que dans un slasher « de base ». Ceux qui se sont lancés dans l’aventure en pensant y trouver un lot de jeunes filles horriblement découpées par un sadique seront bien déçus. Ceux qui déplorent l’absence de scénarios solides et d’acteurs décents dans le genre seront plus satisfaits. Mais les défauts du film sont trop énormes pour qu’on réussisse à se concentrer sur les aspects positifs. J’ai bien envie d’aller rendre une petite visite à Adam Wingard pour lui mettre une série de petits coups de cuillère en bois sur l’arrière du crâne. Il s’est auto-saboté comme un couillon en voulant jouer les David Lynch.

C'est de l'art abstrait, tu peux pas comprendre.

Le film alterne entre scènes du présent et scènes du passé entre Sarah (Seimetz) et Garrick (Bowen). Sarah tente de refaire sa vie, rencontre un type sympa lors d’une de ses réunions des Alcooliques Anonymes, Kevin, et s’offre le luxe de tenter sa chance avec un autre homme. Sachant que son ex s’est avéré être un dangereux psychopathe, on imagine que ça doit être un sacré défi. De son côté, Garrick évite les pièges tendus par les flics pour tenter de rejoindre sa bien aimée. Ce qui est très perturbant chez lui, c’est qu’il est très gentil, tendre, compréhensif envers ses victimes. C’est toujours plus perturbant qu’un gros méchant 100% sadique sans états d’âme.

Les choses ont commencé à devenir vraiment intéressantes dans la dernière demi-heure, mais j’avais vraiment envie de hurler sur mon écran tellement cette caméra épileptique m’a rendue dingue. Je me suis retenue une vingtaine de fois de couper le film et de tout envoyer chier. Pour tout vous dire, je suis restée jusqu’à la fin parce que je savais qu’il y aurait un twist final. Et ça, j’aime bien. Ça peut changer mon idée d’un film en quatre secondes.

Et hahaha, quel twist. Le dernier acte change effectivement la donne et nous apporte ce dont on avait besoin depuis le début. Si seulement ce couillon de Wingard s’était contenté de manier sa caméra correctement, on aurait pu avoir un vrai bon film. Mais non, il a fallu qu’il foute sa merde. Non, je ne lâcherai pas l’affaire. Mais bref, cette fin prouve que le scénario était bon, et que tout était réuni pour faire de A Horrible Way to Die un film intéressant. Doooommaaaage. Enfin, un bon twist, c’est toujours ça de pris.