The Silent House (2010)

Réalisé par Gustavo Hernández

Je vous avais déjà parlé de The Silent House lorsque j’ai annoncé sa sortie au cinéma (pour une fois qu’on parle d’un film qui sort en France sur ce blog, merde hein). J’avais assez hâte de voir ce que ça donnait, rapport au concept original du film : filmé entièrement au 5D, en un seul plan séquence de 78 minutes. Je suis très friande de nouveaux concepts – bien que toujours adepte des formules vieilles comme le monde – donc forcément hein, ça a titillé ma curiosité. Sauf que je suis jamais allée voir ce film, faute de temps (comprendre : j’ai eu la flemme une fois, puis deux fois, puis trois fois, puis j’ai abandonné l’idée). Maintenant que j’ai rattrapé mon retard, on va pouvoir causer sérieux deux minutes.

Laura et son père s’installent dans une vieille baraque délabrée très charmante (non) et absolument pas angoissante (si si) afin de la rénover pour une mise en vente prochaine. A peine arrivés, ils se couchent dans des fauteuils, le daron s’endort illico, mais Laura entend des bruits chelous. Après avoir réveillé son père pour la deuxième fois, il accepte d’aller jeter un oeil à l’étage pour que sa fille ferme sa gueule. Laura tend l’oreille, entend des bruits sourds, un cri venant de son père, et plus rien. SUSPENSE. OÙ EST SON PAPA ? QUE LUI EST-IL ARRIVÉ ? MYSTÈRE ET BOULE DE GOMME.

Alors déjà, un mot sur la technique du plan séquence éternel : si ça nous permet de nous mettre plus facilement à la place de Laura – ou du moins, à ses côtés – c’est quand même une technique fatigante. L’avantage du montage, quand il est bien fait, c’est qu’il permet de reprendre son souffle, de se reposer deux minutes, d’équilibrer le tout ou, au contraire, de foutre une pression monumentale. Là, c’est non-stop, et c’est un peu chiant parfois. Si la caméra est assez mobile, ça ne l’empêche pas d’offrir un plan assez monotone la plupart du temps. Dix minutes de plan sur Laura qui se balade avec sa lampe, un sursaut facile, puis dix minutes de plan chiant à nouveau, c’est pas super entraînant comme rythme.

A ce propos, Laura, un petit mot ? Viens voir Tata Mandy deux minutes, j’ai une petite question à te poser… POURQUOI T’AS PAS COURU HORS DE LA MAISON DÈS LES PREMIERS SIGNES BIZARRES ? HM ? T’ENTENDS UN VIEIL ENREGISTREMENT DE COMPTINES POUR ENFANTS, DES VOIX ÉTRANGES, TU TE FAIS AGRESSER PAR DES PIGEONS, ET TU RESTES LÀ-DEDANS ? OKAY.

Oui, je persiste à insulter les personnages quand ils font ça, même si je sais que s’ils m’écoutaient, il n’y aurait jamais de films d’horreur. C’est mon petit plaisir à moi. En vrai, je préfère quand les personnages restent parce qu’ils n’ont pas le choix, comme ça j’suis gentille avec eux. Que ceux qui peuvent s’échapper s’échappent, et que les autres meurent dans des circonstances atroces et injustes, et tout ira bien.

Par contre, autre remarque sur le plan séquence : je ne peux m’empêcher d’imaginer la dernière minute de tournage, sabotée par un gros bug technique/un oubli de texte. « COUPEZ ! C’ÉTAIT NUL, ON REFAIT TOUT ! ». Ou alors le caméraman qui s’pète la gueule en courant après l’actrice. Ça, ça aurait été cool.

Mais du coup, je me dois également d’accorder un big up géant à Florencia Colucci qui, à défaut d’être une parente de Coluche, parvient quand même à garder son personnage en un plan séquence. Ça doit pas être super évident. Garder le rythme, se souvenir du peu de texte qu’on a, avoir les réactions demandées, retenir tout un parcours en une traite, ça demande un minimum de talent. Et pour ça, big up. Alors oui, certes, des sceptiques (je ne citerai personne, HUMHUM) me disent qu’on s’est fait arnaquer et qu’il n’y a en réalité pas qu’un plan séquence, mais un montage habilement dissimulé dans les plans obscurs. Certes. Mais bon, moi j’ai pas de preuves, alors je vais pas m’emballer dans mes accusations.

Ça n’empêche que c’est un film assez chiant. Et que s’ils nous ont vraiment arnaqués, et qu’ils n’ont pas pu tenir leur promesse de plan séquence, bah ils auraient carrément dû abandonner l’idée et se contenter d’un format classique. Mais p’tet qu’on en aurait pas autant parlé si ça avait été le cas. Bref, concrètement on s’en branle, le film est tel qu’il est et on va la jouer cool en acceptant de croire au plans séquence unique, sinon on s’en sort plus.

Niveau trouille, on reste dans le grand classique de base. Parquet qui grince, portes qui claquent, Polaroid qui laisse entrevoir des trucs chelou, comptines d’enfants qui résonnent dans la maison, poupées flippantes disséminées dans la maison et petites filles en chemises de nuit qui apparaissent sans prévenir. Pas de quoi s’emballer. Ça reste efficace si, comme moi, on est un peu mauviette sur les bords, mais ça ne va pas vous traumatiser à vie. Forcément, quand on vous met un flash-noir-flash-noir-flash-petite fille en chemise de nuit-noir, on fait un bond.

Sachez en revanche qu’apparemment, tomber sur un mur couvert de Polaroids tout à fait normaux (une femme et son mec, une femme en lingerie, des gens en soirées…), c’est TERRIFIANT. Du moins si on en croit la réaction de Laura. Bon ok, après on la comprend vaguement, mais sur le coup, pas tellement. Mais j’insiste quand même sur « on la comprend VAGUEMENT ». Parce que, très vite, on comprend PLUS RIEN DU TOUT.

Puis vient le twist. On le sent déjà venir gros comme un mammouth monté sur un T-Rex, mais on reste prudent quand même. On se dit que « naaaan, ils vont pas faire çaaaa quand mêêêême ». Et puis si. Alors, camarades uruguayens, je vous le demande : combien de films d’horreur avez-vous vu dans votre vie ? hm ? PARCE QUE LÀ QUAND MÊME MERDE HEIN. Pondre un concept original pour le foutre en l’air et venir y rajouter un twist vu, revu, re-re-vu et mille fois revu, c’est quand même gros. C’est vraiment foutre un twist de fin pour foutre un twist de fin, dans l’espoir de donner un peu de consistance à un film qui en manque cruellement.

Nul nul nul. Je suis muy muy désappointée. Si vous voulez un vrai bon film d’horreur en plan séquence, tournez-vous vers Slashers. Un jour je vous parlerai de mon amour immodéré pour ce chef d’oeuvre, promis. (ahaaa vous pensiez que je vous parlerai de La Corde d’Hitchcock heiiin ?! C’EST BIEN MAL ME CONNAÎTRE).

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6 réflexions sur “The Silent House (2010)

  1. Il a l’air trop nul, je veux le voir !
    Les petites filles elles me faisaient flipper avant, mais vu que maintenant y’en a dans un film d’horreur sur deux, c’est devenu mes potes. En tout cas, merci pour cette revue, de la part d’une flippette comme toi !

  2. personnellement je n’ai qu’une chose à dire les plans séquence (ou presque avec les scène coupé lorsqu’il y a des plans noirs) je trouve ca pas mal tu es sous pression d’un bout à l’autre de cette manière…

    le seul hic la fin est totalement à chier… naméo c’est limite abusé… de ce que j’ai compris c’est la nana qui a couché avec le proprio de la maison qui flingue son père parce qu’il l’a fait avorté et ensuite qui flingue le proprio pour… ben on ne sait pas trop en fait… et le pire c’est que pendant plus d’une heure elle cour après le cadavre de son père… la pauvre si à son âge elle ne sait même plus ou elle range ses affaires elle est mal barrée…

    bref la technique utilisée plutôt intéressante mais le film par lui même complètement totalement à mourir d’ennui…

  3. S’lut à tous !

    Pour ma part j’ai trouvé le plan séquence pas mal même s’il est vrai comme tu dis, c’est assez chiant de suivre la lampe de camping de Laura pendant 10 minutes. Enfin bref, toujours est-il que la donzelle est sacrément barrée et traumatisée par son avortement. mais bon c’est un classique dans ce genre de film. La fin manque carrément de consistance car Laura voit sa fille (normal je dirais pour une traumatisée)mais bon ça ne suffit pas pour surprendre les cinéphiles que nous sommes !

    En tout cas bon blog intéressant, original et très frais ! Enjoy !

  4. attention!!!
    gros navet !!! passes ton chemin sous peine d’un ennui mortel…
    je suis horriblement déçu, c’est vraiment a chier…
    pourtant je ne suis pas du tout du genre a dire ça d’un film, j’essaie de comprendre le film, meme si il ne m’a plu… mais la… c’est de la merde

    ps: les photos laissent penser a de l’inceste, car on la voit en sous vetement, avec son père et son mec… je suis perplexe…

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