Revue: The Final (After Dark Horrorfest)

« The Final »

Réalisé par Joey Stewart

Rendre hommage aux films d’horreur dans un film d’horreur, c’est bien. Faire n’importe quoi avec des références à deux francs cinquante, des dialogues à pleurer de rire et une histoire pas trop mal, gâchée par une réalisation pourrave, c’est moins bien. The Final est une blague énorme, mais pas drôle du tout, ce qui fait qu’à l’arrivée du générique je me suis demandée si le réalisateur s’était pas un peu foutu de ma gueule au passage.


Dane et sa bande de potes sont les souffre-douleurs du lycée, et chacun en prend pour son grade. Emily, la seule fille du groupe est le jouet préféré des trois pouffiasses du bahut (une brune, une rousse et une blonde, hop, pas d’jaloux) qui prennent un malin plaisir à lui rappeler qu’elle est moche et qu’elle a pas d’amis, tout en s’esclaffant comme des loutres. Ravi, qui a le malheur d’être d’origine indienne, a une tête qui ne revient pas aux gros balèzes 100% blancs américains qui balancent des insultes d’une intelligence rare (de Slumdog Millionnaire en passant par Ben Laden). Bref, un quotidien pas très rigolo pour ce petit groupe de losers qui décident alors se venger. Comment ? En organisant une super fête à laquelle tous les connards du lycée seront invités, pour les séquestrer et faire un peu mumuse avec eux.

Certains disent qu’on tient là un mix entre Saw et les évènements de Columbine. Peut-être, mais version happy meal alors. Le concept était pourtant intéressant, un petit Revenge of the Nerds du côté obscur de la force, c’était pas con, mais va falloir qu’on me dise à quel genre de public ça s’adresse parce que là j’ai du mal. Fans d’horreur ? Hm, niveau frissons on a que dalle. Amateurs de gore gratuit alors ? Nein, là aussi c’est très allégé, tout se passe de loin, très vite, ou pas du tout. Et puisqu’on est loin du courant indie/cinéma social, je ne vois pas de quel autre côté on pourrait regarder. Le film est alourdi par d’interminables discours bourrés de moralité à deux balles déclamés par Dane, grand leader de l’opération vengeance, qui tente de nous expliquer par A + B que ses bourreaux ont fait de lui un monstre. Boohoohoo, regardez ce que vous avez fait de moi, j’ai si mal, ma vie est horrible parce que mes parents s’engueulent à longueur de journée, oh comme je suis malheureux.

Ne me jugez pas trop vite, j’ai un cœur, promis. J’ai moi-même eu l’immense honneur de faire partie des souffres-douleurs pendant une partie de ma scolarité (quelle grosse marrade !) et je sais donc ce que ça  fait de penser chaque soir à un moyen de se venger tout en se scarifiant en pleurant pour que Satan nous vienne en aide (non là j’exagère). J’aurais pu compatir. Mais j’ai pas pu. J’ai voulu même, à un moment, mais non. C’était comme regarder une meuf super bonne se défigurer un peu plus à chaque minute, tout ce potentiel gâché moi ça me fend le cœur.

J’ai quand même une grande question : elle est passée où la première meuf avec sa pâte à tartiner sur la gueule ? En fait c’est ça le plus gros problème de The Final. Les gamins me semblent un peu badass quand même, monter un plan comme ça ça demande des cojones, alors pourquoi se contenter d’égratigner leur camarades avant de les jeter dans le placard à balais ? Laissez moi être plus claire sur cette histoire de pâte à tartiner (si vous tenez vraiment à voir le film, ne vous sentez pas obligé de lire ce qui suit) : au début du film on assiste à quelques secondes du cours de sciences où l’on entend le prof dire un truc du genre « séparément ces deux éléments sont inoffensifs mais lorsqu’on les mélange oulala attention bobo ». En gros. Et pendant la « fête », Emily tartine la tête d’une des pouffiasses (la brune) en expliquant qu’elle allait ressentir une légère sensation de froid avant que le mélange commence à lui ronger la peau du visage. Et ça s’arrête là. Et tout est d’une lenteur à pleurer, je suis pas pro-Michael Bay, je ne réclame pas de courses poursuites et d’hélicoptères en flammes dans tous mes films, mais y a des limites. Dans ce contexte, lent = chiant. Et quand vous pensez qu’il va enfin se passer quelque chose d’intéressant (cf. photo ci-dessous) eh bah non ! Grosse feinte latérale dans nos gueules.

Bon bref je vais m’arrêter là parce que je ne vois pas quoi dire de plus, à part que merci bien Mr. Stewart, l’important c’est de participer, revenez l’année prochaine et bon vent. Qu’il se rassure, il n’a pas eu que des mauvaises critiques, au contraire, beaucoup saluent sa performance, donc ne vous fiez pas uniquement à mon avis, je fais partie des cyniques sur ce coup là.

Bande-Annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=2hJEo4tB20Q

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4 réflexions sur “Revue: The Final (After Dark Horrorfest)

  1. Pingback: Tweets that mention Revue: The Final (After Dark Horrorfest) | Blood, Guts & Bones -- Topsy.com

  2. Ouaip, pour ma part, je l’ai bien aimé celui-ci! le clin d’œil à AUDITION est quand même cool !
    Quelques petits points négatifs certes, mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette critique qui, cependant, est vraiment super bien écrite, on dirait moi quand je parle !

  3. Mais pourquoi? Quand j’ai vu l’affiche, lu le synopsis, je me suis dit « Hé mais comment ça à l’air mignon tout ça… ». Un quart d’heure plus tard, me voilà devant le film, une demi-heure passe, puis une heure et j’arrive au générique de fin. C’est à peu près à ce moment là que j’ai cru à une blague. Il ne se passe rien, pourtant il y’avait tout pour, les martyrs du lycée avec tous leurs bourreaux réunis bien sagement dans la même pièce, le coté sadique du truc accentué par les maquillages des protagonistes… Mais il ne se passe que dalle, au lieu de ça, on nous ressert tous les stéréotypes du genre, grands discours à l’appui et tout le problème est là, y’a presque que de la parlote. J’ai l’impression qu’on s’est fichu de moi sur ce coup là, et les seuls « meurtres » sont (avouons le, si, si!) relativement cheaps et chiants de surcroît. Je ressort de là un peu frustré, comme un gamin a qui on promet Disneyland et qui finit à l’aire de jeux du coin. Dommage.

  4. Et bien moi aussi j’ai kiffé ce film …c’est pas un must mais il est plus que pas mal ….Je l’ai vu y’a u bye donc je ne pourrais pas faire 1 critiques productive mais pour ce que je m’en souviens, c’est bien filmé, et ayant moi-même été la tête au collège parce que je portais des lunettes à gros foyers et à cause de nom nom de famille , je les comprends tout à fait …Et comme le dit plus haut Guillaume, c’est bien plus fin qu’il n’y parait, j’ai vu Audition de Mikee mais n’ai pas capté le clin d’oeil, possible que j’ai vu le film japonais après lol …j’aime aussi les masques à la you’re next qui ce dernier m’a déçu grave , j’avais capté toute l’intrigue et j’aurai préféré que les tueurs aux masques d’animaux soient des gentils en fait ou aient une bonne raison …Sinon ton blog est interrressant , je cherchais un film d’horreur à mater , et avec Hidden , tu m’as convaincue, Lake Mungo, déja vu et vais lire ton article sur Dread …@+

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