Revue: Ils

« Ils« 

Réalisé par Xavier Palud et David Moreau

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Le cinéma français souffre de beaucoup d’à prioris, et quand on aborde le sujet des films d’horreur alors là, on passe généralement pour des guignols. Mais depuis quelques années, la donne a changé. Le cinéma d’horreur français met une paire de claques au cinéma Hollywoodien et se fraye un chemin au milieu des blockbusters US. Le réalisateur Alexandre Aja est encensé depuis Haute Tension et son remake de La Colline a des Yeux, des films comme Martyrs (de Pascal Laugier), Frontière(s) (de Xavier Gens) ou A L’intérieur (de Julien Maury) ont profondémment marqué les amateurs du genre qui ne cessent d’en parler depuis leur sortie. Pour ce qui est des trois derniers cités, c’est surtout leur violence qui marque. En effet, le cinéma d’horreur français repousse les limites et a tendance à se vautrer dans la tripaille et l’hémoglobine à grand renfort d’os brisés et de membres arrachés. Personnellement, ce n’est pas ce que je préfère (le titre de ce blog, c’est de la publicité mensongère en fait), loin de là. Mais les américains eux adorent ça, et se régalent devant la brutalité de ces films.

Bien que je ne pense pas qu’Ils soit une référence (j’ai largement préféré Haute Tension), c’est un des rares films que j’ai eu l’occasion de voir lors de sa sortie au ciné et que j’ai pu apprécier à sa juste valeur. Quand je l’ai vu pour la deuxième fois, je l’ai trouvé limite chiant… mais au cinéma, c’était autre chose. Encore une fois, le scénario est simple. Un couple de français (incarnés par Olivia Bonamy et Michael Cohen) s’installe en Roumanie (quelle idée) dans une immense maison au milieu de nulle part. Et quand je dis immense c’est genre rien que dans le grenier, 5 serial killers pourraient y vivre sans jamais se rencontrer. Bien installés dans leur baraque comme dans leur vie de couple, Lucas et Clémentine voient leur petite routine tranquille partir en couille sévère quand des intrus viennent jouer avec leurs nerfs en pleine nuit. Le téléphone qui déconne, la voiture qui change de place, et puis bientôt, des bruits bizarres dans la maison, bref, le cauchemar. Ils ne sont plus seuls… (t’as vu ça un peu le suspense de ouf ?)

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Un scénario donc pas très original mais bien mieux ficelé que la plupart des films du même genre. Déjà la Roumanie, chai pas vous mais moi rien que ça, ça me fait peur, mais alors la façon dont les intrus jouent avec les nerfs des deux frenchies, bonjour l’angoisse. C’est un film simple, propre, pas bourré d’effets spéciaux et d’histoires tarabiscotées, avec une ambiance stressante bien gérée. Et pour une fois, quand les scènes se passent dans l’obscurité, on ne devine pas la présence d’énormes spots, et on ne tombe pas non plus dans le noir total que certains films utilisent et qui font qu’en réalité on comprend rien de rien à ce qui se passe. Olivia Bonamy a d’ailleurs confié qu’elle avait bien flippé sa maman en tournant les scènes, et sentir la peur des acteurs aide vachement à se foutre dans l’ambiance. Après, je ne sais pas si c’est la différence ciné/DVD ou le fait de connaître le dénouement de l’histoire qui a fait que j’ai moins apprécié la deuxième fois, mais peut-être que ça ne concerne que moi.

Il faut dire que le dénouement fait vachement froid dans le dos, ça m’a mis une claque sévère… et c’est seulement à la fin que j’ai appris qu’il s’agissait d’un film inspiré de faits réels. Ca fait toujours son petit effet, comme avec le célèbre Massacre à la Tronçonneuse qui a fait son coup de pub sur cette petite accroche, alors qu’en réalité, c’était de la pure fiction. On est nombreux à « souffrir » de cette petite touche de curiosité morbide qui rend certains films bien plus attirants… Un film d’horreur, c’est fait pour faire peur, et c’est encore plus facile de flipper quand on peut transposer ces images dans le « monde réel ». C’est pas pour rien si j’ai la trouille des pays de l’Est moi maintenant hein, on sait qui accuser. L’effet inverse est possible aussi, un film peut inspirer un malade mental (cf. Scream, qui aurait soi disant poussé plusieurs adolescents à commettre des meurtres en portant la panoplie du parfait petit Ghostface), et donner un coup de pied au cul des ventes de DVD ou des places de ciné pour le film « responsable » de ce coup de folie.

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Pour conclure, Ils fait partie de ces petits films sans prétention qui marquent (ou pas) et qui permettent au cinéma français de s’exporter bien plus facilement et de connaître un succès international. De plus, le cinéma d’horreur français a une petite touche particulière qui le différencie bien de la vague US. Un côté plus authentique, avec une esthétique moins travaillée qui donne un aspect plus réaliste et donc plus angoissant au film. Ils est la version soft du cinéma de genre moderne fabrication française, destinée à ceux qui veulent avoir leur dose de frissons sans tomber dans l’insoutenable, qui veulent sursauter un coup sans avoir envie de vomir leurs tripes ou de prendre douze mille douches. Ce n’est pas un film pour mauviettes non plus, mais ceux qui sont habitués à pire trouveront le film un peu chiant, voire fade, et resteront sans doute sur leur faim.

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2 réflexions sur “Revue: Ils

  1. Ce film m’a tellement fait flipper que j’ai évité de sortir de chez moi la nuit pendant 6 mois (j’habite exactement dans le même cadre que les deux frenchies en question).

  2. J’ai vu ce film y’a pas mal de temps déjà, et en le revoyant, je m’interroge sur la scène d’ouverture : elle n’a pas vraiment de « rapport » avec le reste du film, je ne comprends pas son but si ce n’est la mise dans le bain…?

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